Les étranges révélations du porte-parole du Kremlin

Dans une interview, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a estimé que l'élection présidentielle russe, dont le premier tour doit avoir lieu en mars 2024, se solderait sans surprise par la victoire de Vladimir Poutine.

Russian President Vladimir Putin attends a meeting with State Duma Chairman Vyacheslav Volodin at the Kremlin in Moscow, Russia, in July 2023.Sputnik/Alexander Kazakov/Kremlin via REUTERS

La prochaine élection présidentielle russe semble bien partie pour être une formalité pour Vladimir Poutine. Le premier tour du scrutin doit avoir lieu en mars 2024, dans un contexte où les opposants au président russe sont soit en prison soit en exil. Si le chef du Kremlin n'a pas officialisé son intention de se représenter, son porte-parole lui prédit un succès inédit, dans une interview au New York Times.

"M. Poutine sera réélu l'année prochaine avec plus de 90% des voix", a ainsi estimé Dmitri Peskov, un score jamais atteint au cours de quatre élections gagnées par le président russe.

Il a à ce titre fait valoir une analyse personnelle, considérant que l'"élection présidentielle [russe] n'est pas vraiment une démocratie, c'est une bureaucratie coûteuse". Des déclarations qui laissent penser que le prochain scrutin ne sera pas marqué par une féroce compétition des candidats.

Correctif du porte-parole mais le fond reste similaire

Une fois publiés, ces propos ont toutefois fait l'objet d'une correction de la part du porte-parole, qui a estimé dans une interview au média russe RBK et relevé par Le Figaro que ses propos avaient été "déformés", "comme toujours" avec les Américains. Dmitri Peskov a donc apporté ses propres précisions, qui ne diffèrent pas fondamentalement des citations écrites par le New York Times.

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"Les élections, bien qu'elles soient une exigence de la démocratie et que Poutine lui-même ait décidé de les organiser, théoriquement, elles ne devraient même pas avoir lieu. Car il est déjà évident que Poutine sera élu" et ce "compte tenu du niveau de consolidation de la société autour de [lui]", a développé le porte-parole, faisant part selon lui d'un "avis tout à fait personnel".

Le Figaro note que selon le cabinet d'étude d'opinion russe Levada, considéré comme indépendant par les Occidentaux et comme un "agent de l'étranger" par Moscou, la cote de popularité du chef du Kremlin auprès des électeurs russes était de 82% en juillet, selon une étude réalisée en porte-à-porte.

Poutine peut rester au pouvoir jusqu'en 2036

Vladimir Poutine a été élu pour la première fois président en 2000 avant d'être renouvelé en 2004. Pour contourner l'interdiction d'être réélu plus d'une fois d'affilée, il s'est offert le poste de Premier ministre du président Dmitri Medvedev de 2008 à 2012, avant de reprendre la tête du Kremlin, cette fois-ci pour deux mandats de six ans dont le dernier cours donc jusqu'en 2024.

Pour s'éviter un retour par la case ministérielle, le président russe a fait amender la constitution russe en 2020 pour y remettre son compteur de mandats à zéro, ce qui lui permet depuis de rester au pouvoir jusqu'en 2036. Une décision qui "apportera plus de stabilité", avait alors commenté Viatcheslav Volodine, le président de la Douma.

Au cours des différents scrutins présidentiels, dont il est difficile de jauger le niveau de manipulation, Vladimir Poutine a obtenu son plus bas score lors de son retour au poste présidentiel, en 2012, avec 64% des suffrages au premier tour.

Depuis plusieurs années, le pouvoir a intensifié sa lutte contre les oppositions politiques, qui a atteint son paroxysme depuis le début de la guerre en Ukraine. Le principal opposant Alexeï Navalny a été empoisonné en août 2020 puis emprisonné. Vendredi, il a été condamné à dix-neuf ans de prison en plus de ses peines précédentes à l'issue d'un procès pour "extrémisme".

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