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Les vraies raisons du limogeage du diecteur général de la Santé

Nous en savons un peu plus sur le limogeage de Ousmane Cissé, directeur général de la Santé intervenu hier, mercredi 15 avril 2026, en Conseil des ministres.
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Le Professeur Ousmane Cissé a été viré de son poste de directeur général de la Santé publique sénégalaise. Il a été nommé le 2 juillet 2024 pour succéder au Dr Bernabé Gning. Ousmane Cissé est décrit par le directeur général du Port autonome de Dakar (Pad), Waly Diouf Bodian, comme l’unique interface médicale et la plus loyale du «Patriote en chef» Ousmane Sonko, lors des heures les plus sombres

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Ses démêlés judiciaires liés à une affaire violences et d’injures

Premier faisceau d’interrogations : ses démêlés judiciaires, devenus au fil des mois une affaire aux contours explosifs. Le professeur Cissé se retrouve mêlé à un dossier de violences et d’injures, aux côtés de son ami bijoutier Pape Ibrahima Thiam, dans un différend qui l’oppose au directeur de l’hôpital Aristide Le Dantec, le gynécologue-obstétricien El Hadji Mansour Diop, rappelle L'OBS. Ce conflit, né en juin 2024, a rapidement glissé du terrain professionnel à celui, bien plus délétère, des règlements de comptes numériques et des attaques personnelles.

Une «guerre des chefs» au sein même du corps médical

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À la barre du tribunal d’instance de Dakar, le 12 mars dernier, si Pape Ibrahima Thiam a reconnu les faits, Ousmane Cissé, poursuivi pour complicité, a fermement nié toute implication dans ce dossier dont le délibéré est attendu le 12 mai prochain. Cette «guerre des chefs» au sein même du corps médical, portée devant les tribunaux avec des réquisitions de six mois de prison ferme contre Cissé, a-t-elle fini par rendre sa présence au sommet du ministère de la Santé insoutenable pour une République qui prône l'exemplarité la plus absolue ?

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Il est un incondiitonnel de Ousmane Sonko

D’autre part, c’est son engagement viscéral, presque incandescent, au sein de l’aile la plus radicale du Pastef qui interroge. Médecin de l’ombre lors des évènements de mars 2023, soignant Ousmane Sonko sous les gaz lacrymogènes du Tribunal de Dakar, le Dr Cissé a toujours navigué entre la neutralité du serment d'Hippocrate et l'ardeur du militantisme pro-Sonko. Si sa nomination en juillet 2024 ressemblait au plus juste des retours d'ascenseur pour celui qui a risqué sa carrière de jeune neurologue à Fann, sa chute pose une question subtile : sa fidélité, jugée inébranlable par ses pairs, est-elle devenue un fardeau dans un contexte de normalisation institutionnelle ?

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Après Kilifeu, Bassirou Kébé, le Dr Cissé quitte ses fonctions dans un climat de clair-obscur. Il rejoint également la trajectoire de Bass Kébé, dont les sorties virulentes sur la crise universitaire et l’impunité de l'ancien régime avaient fini par fragiliser sa position. Ces départs successifs dessinent-ils les contours d’une reprise en main politique ? Ou traduisent-ils une volonté de restaurer une discipline de l’État dans un contexte de gouvernance exigeant ?

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