Sonko met en garde Diomaye : « l’État ne nous écrasera pas »
Le leader du Pastef, Ousmane Sonko, a invité ses partisans à faire preuve de retenue face à ce qu’il considère comme des tentatives de provocation orchestrées contre son mouvement. S’exprimant lors d’une déclaration publique, l’ancien Premier ministre a d’emblée écarté toute éventualité de motion de censure contre le gouvernement. « Nous ne ferons aucune motion de censure à moins que le président et ses hommes nous attaquent en premier », a-t-il affirmé, posant ainsi les limites de la posture de son parti dans le contexte politique actuel.
Abordant les relations avec l’exécutif, Ousmane Sonko a tenu à préciser que son camp ne se positionne pas en adversaire du président Bassirou Diomaye Faye ni de son gouvernement. Il a insisté sur la nécessité de recentrer le débat public sur les préoccupations urgentes des citoyens. « Nous ne sommes pas les adversaires du président Diomaye Faye et de son gouvernement. Ils doivent parler au peuple qui est actuellement inquiet. L’hivernage arrive et la probable hausse des prix inquiète », a-t-il déclaré. Dans la foulée, le leader de Pastef a dénoncé une stratégie de provocation visant à fragiliser son camp, appelant ses militants à ne pas céder à la surenchère. « Ils sont dans la provocation et j’appelle les Patriotes à ne pas répondre », a-t-il lancé, tout en critiquant certaines prises de position publiques de militants qu’il juge contre-productives. Ousmane Sonko est également revenu sur les convocations visant certains responsables de son mouvement, notamment Cheikh Bara et Guy Marius Sagna. Il estime que ces démarches relèvent d’une pression politique ciblée.
« Les convocations de Cheikh Bara et Guy font partie de cette stratégie de provocation. Le procureur sait qu’il ne peut pas les convoquer », a-t-il soutenu. Poursuivant son intervention, il a évoqué des « manigances » et des « complots » dirigés contre son camp, citant notamment la récente saisine du Conseil constitutionnel comme illustration de ces tensions. Malgré ces accusations, Ousmane Sonko a réaffirmé son attachement au respect du cadre légal et constitutionnel. Il a toutefois prévenu que son mouvement n’hésiterait pas à faire usage des moyens juridiques à sa disposition en cas d’affrontement. « S’ils utilisent la force de l’État pour nous combattre, nous utiliserons tous les moyens légaux que nous confère la Constitution pour leur faire face », a-t-il déclaré.