Macky renonce au 3e mandat : la première réaction de Ousmane Sonko

Deux jours après la sortie de Macky Sall annonçant qu’il ne participera à la prochaine présidentielle de février 2024, le leader de Pastef a livré ses premières impressions, dans un entretien exclusif accordé à France 24.

Ousmane Sonko sur France 24

Ousmane Sonko réagi au renoncement de Macky Sall à prochaine présidentielle. Au moment où tout la communauté nationale et internationale plébiscitent le chef de l’Etat après sa décision de renoncer à un « 3e mandat », le maire de Ziguinchor ne trouve rien d’ « exceptionnel » dans la décision de Macky Sall.

L’opposant sénégalais et président du parti Pastef Ousmane Sonko s’exprimait à France 24, de son domicile à Dakar, où il est assigné depuis sa condamnation début juin à deux ans de prison pour "corruption de la jeunesse".

Le leader de Pastef estime qu'en renonçant à briguer un troisième mandat, Macky Sall n'a fait qu'"abdiquer face à la pression populaire" et internationale.

Pour Ousmane Sonko, Macky Sall n'a pas pris cette décision parce qu’il est un démocrate, mais du fait de la pression de son peuple, et de la pression internationale.

"Un président sortant s’est vu féliciter par une partie du monde simplement pour avoir respecté la Constitution de son pays", souligne Ousmane Sonko, regrettant une '"infantilisation de l'Afrique".

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L'annonce par Macky Sall de sa non-candidature a d'ailleurs laissé les Sénégalais "presque indifférents", ajoute-t-il.

Quid de son éligibilité ? Ousmane Sonko assure être "totalement éligible", et se dit convaincu de pouvoir être élu président du Sénégal en 2024, "dès le premier tour". "Je suis encore totalement éligible", affirme-t-il toutefois.

"Il n’y’aura pas d’élections si…"

L'opposant assure à France 24 que Macky Sall "a dit à certains qu'il empêchera vaille que vaille sa candidature". La violence dont il est la victime "ne s'est jamais exercée avant", ajoute-t-il.

« Si l’on cherche à m’écarter de la course à la Présidentielle, il n’y aura pas d’élections dans ce pays. Ce pays sera ingérable et ingouvernable », avertit Ousmane Sonko.

"Jusqu’à présent, les Sénégalais ne s’étaient pas soulevés contre le troisième mandat de Macky Sall, mais contre la persécution d’un opposant qui s’appelle Ousmane Sonko", affirme le président du parti Pastef.

La majorité des 17 millions de Sénégalais veut sa candidature, estime-t-il. Et "si on va aux élections, je serai déclaré vainqueur au premier tour", conclut le président du Pastef.

"Je ne suis pas assigné à résidence", mais arbitrairement détenu, estime Ousmane Sonko, pour qui aucune décision de justice ou administrative ne l'oblige à rester chez lui.

"Macky Sall est un dictateur "

Sur un ton incisif, Ousmane Sonko compare les années Macky Sall à une "dictature". Comment appeler un pays où le président "recrute des milices privées et leur permet d’ouvrir le feu sur des manifestants non armés ?", s’interroge I'opposant.

"Prêt à dialoguer mais…’’

Ousmane Sonko est-il prêt à dialoguer avec Macky Sall ? Même s’il affirme n’avoir aucun contact officiel ou officieux avec le président, il affirme "être prêt à pardonner", et même à "oublier". Il souhaite à Macky Sall de "terminer ce mandat en beauté" et de "partir dans la sérénité". Mais il refuse de dialoguer le couteau sous la gorge.

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