Mary Teuw Niane: « Le processus de liquidation du Président Ousmane Sonko était avancé… »

L'ancien ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, Mary Teuw Niane est revenu sur le "plan capoté" de Macky Sall pour une succession familiale à la tête du pays.

Macky Sall et Mary Teuw Niane

À travers une chronique d'une stratégie inachevée, le professeur de mathématiques est revenu sur l'actualité politique et principalement sur la succession à la tête du pays. Pour lui, tout semblait scellé depuis avril 2019. L'ancien recteur de l'université Gaston Berger de Saint-Louis révèle que les stratégies pour se maintenir au pouvoir par le biais d'une succession familiale. L'ex PCA de Petrosen Holding considère que le chef de l'État visait à faire le vide avec la suppression du poste de premier ministre pour baliser le terrain pour sa succession.

Selon lui, « la voie était balisée, les obstacles réels et imaginaires dégagés. Le poste de premier ministre supprimé, les têtes qui émergeaient, en deux vagues, balayées. Un leurre éblouissant brandit soutenu par des thuriféraires intarissables : le fast track. Il fallait aller vite, très vite, qu’il n’y avait plus besoin du poste de Premier Ministre. Le coordonnateur de l’action gouvernementale devenait subitement le retardateur de l’achèvement des projets gouvernementaux ».

À Saint Louis dans un site web un pseudo journaliste théorisait déjà une succession à la Poutine-Medvedev pour le Maire de la ville tricentenaire. Malheureusement le COVID finit par montrer au grand jour les insuffisances et les tares du potentiel candidat du Nord rajoute le prédécesseur de Cheikh Oumar Hann. Mary Teuw Niane soutient dans sa chronique d'une stratégie inachevée que « le Gouvernement, l’administration, les institutions et toutes les structures de l’État furent politisés ».

Ceux-ci poursuit le responsable politique « Ils insérèrent des incompétents notoires aux seuls fins d’obtenir un assentiment généralisé et unanime sur le probable projet d’un troisième mandat prolongé par une succession familiale à travers l’équivalent du fameux article 35 du Président Léopold Sédar Senghor qui permit à Monsieur Abdou Diouf de lui succéder ».

Les juristes défroqués, les politiciens-arrivistes du temps du Président Abdoulaye Wade, les politiciens qui voyaient leur étoile coïncider avec la réélection pour un troisième mandat du Président de la République inventèrent le subterfuge de la deuxième candidature pour un deuxième mandat de cinq ans. Ils oublièrent amnésiques les proclamations de foi, les témoignages devant Dieu jusqu’aux comparaisons avec la prière du Eid un soir du mois de décembre 2018 pour essayer en rang dispersé de convaincre qu’une nouvelle candidature était possible note le mathématicien dans son texte.

L'universitaire est revenu sur les propos du Mahmoud Saleh qui considérait que les élections législatives étaient le premier tour de la présidentielle de 2024. Selon Mary Teuw, les autorités usaient de deux stratégies pour se maintenir au pouvoir en 2024. Pour les uns l’éloignement des postes gouvernementaux était la solution et les autres des décisions de justice qui invalidaient leur possible candidature. Messieurs Karim Wade et Khalifa Sall étaient déjà éliminés de la course à la présidentielle de 2024.

Au sein de l’APR, Aminata Touré, Amadou Ba, Aly Ngouille Ndiaye, Mouhamadou Makhtar Cissé et d’autres étaient de fait mis sur le banc de la route pour une possible succession. Le processus de liquidation du Président Ousmane Sonko était avancé malgré l’opposition vaillante de la population sénégalaise notamment de la jeunesse note-t-il dans le texte. L'ex candidat à la ville de Saint-Louis considère que le successeur qui était prévu dans le cercle familial de Macky Sall n'est rien d'autre que son rival, Mansour Faye.

Le Maire de Saint Louis battu, son possible rêve de succession évanoui! La majorité battue! Pour la première fois depuis les indépendances elle est devenue minoritaire en suffrages valablement exprimés par rapport à l’opposition !La réélection en février 2024 est devenue une illusion improbable. Une loi d’amnistie qui rétablit les opposants dans leurs droits civiques relève désormais du possible. Le Président de la République, de lion chasseur, est brutalement devenu l’otage des différents leaders de son parti qu’il avait exclu de fait de sa succession conclu l'ex ministre.

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