L’encadrement des crédits spéciaux est au cœur d'un bras de fer inédit au sommet de l'État sénégalais, deux jours après le rejet de la Loi de finances rectificative 2026 par l'Assemblée nationale. Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a mis en lumière les arbitrages tendus entre le président Bassirou Diomaye Faye et le leader de la majorité, Ousmane Sonko, concernant la réglementation de ces fonds secrets.
Le chef du gouvernement a assuré que le président de la République n'avait jamais refusé de réglementer ces fonds. Il a également évoqué, à mots couverts, ce qu'il aurait découvert à la Primature après le départ d'Ousmane Sonko. « Le président de la République n'a jamais refusé, jamais refusé de les encadrer », a-t-il affirmé. Pour étayer ses propos, Ahmadou Alhaminou Mohamed Lô a raconté un épisode survenu lors de l'examen d'un projet de décret relatif à l'encadrement des crédits spéciaux.
Selon lui, le document avait été transmis aux membres du gouvernement à une heure particulièrement tardive, à la veille d'une réunion préparatoire du Conseil des ministres. « Nous nous sommes retrouvés en pré-Conseil avec un décret qui encadre les crédits spéciaux, qui est tombé dans nos boîtes mails à une heure du matin. N'est-ce pas, monsieur l'ancien secrétaire général du gouvernement ? Mercredi, à une heure du matin. C'est au réveil qu'on a vu qu'on encadrait cela », a-t-il relaté.
Le Premier ministre a ensuite rapporté la réaction du chef de l'État face à cette méthode de travail. « Le président de la République a dit : "Monsieur le Premier ministre, comment pouvons-nous avoir un débat serein si vous nous envoyez un papier à une heure du matin" », a-t-il déclaré. Cette révélation vise directement la gestion du dossier par l'ancien gouvernement dirigé par Ousmane Sonko.
Les engagements du Président Diomaye
Amadou Alhaminou Mohamed Lô a également rapporté les engagements que Bassirou Diomaye Faye aurait pris devant son ancien Premier ministre. Selon lui, le chef de l'État n'avait pas rejeté le principe d'une réglementation des crédits spéciaux. Il aurait plutôt demandé que la réflexion soit approfondie avant toute décision définitive.
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« Il lui a dit textuellement ceci : "Je ferai encadrer les crédits spéciaux" », a affirmé le chef du gouvernement. Il a précisé que le président souhaitait tenir compte des spécificités du fonctionnement de l'État et de certaines exigences de solidarité. « Il lui a dit : "Prenez le temps de me regarder tout cela en rapport avec d'autres considérations." »
Toujours selon Ahmadou Alhaminou Mohamed Lô, les éléments complémentaires demandés par le président de la République ne lui auraient jamais été transmis. « Il lui a dit : "Ces considérations, à date, vous ne les avez pas encore mises sur ma table. Je vous ai demandé un travail que vous ne m'avez jamais amené." »