Bébés Ousmane Sonko, Akon... : "C'était une urgence sociale", selon Ndella Madior
"Je ne pouvais pas laisser ces enfants mourir"
Suite et pas fin de l'affaire de la Pouponnière "Keur Yeurmandé" de Ndella Madior Diouf, où six bébés morts ont été enterrés clandestinement. Ils se nommaent bébés Ousmane Sonko, Zolleinka Ndella Madior Diouf, Akon Anta Sarr, Bijou Ngoné, Youssou Ndour, Mohamed Samba Ndiobène Kâ et Marema. Ces décès ont eu lieu au mois d'octobre 2023. À la barre, Ndella Madior Diouf s’est efforcée de défendre son initiative, née selon elle d’une urgence sociale. «Je ne pouvais pas laisser ces enfants être abandonnés ou mourir», a-t-elle déclaré.
Reprise par L'OBS, elle explique avoir répondu à des appels de détresse de jeunes femmes confrontées à des grossesses non désirées et à des refus de paternité. Mais le président du tribunal, incisif, recentre rapidement le débat: «Aviez-vous les compétences et les moyens de prendre en charge autant de nourrissons ?» Reconnaissant des limites, la prévenue nie cependant toute responsabilité directe dans les décès. Elle évoque notamment le cas du premier nourrisson décédé, Mouhamed Konté, souffrant de diarrhée, pointant un retard dans la prise en charge et des défaillances du système hospitalier, notamment le manque de places dans certaines structures comme Albert Royer.
"J’ai fait avec les moyens du bord"
Ndella fixée le 26 mai
«J’ai fait avec les moyens du bord. Je n’avais pas d’accompagnement», répond-elle au juge, qui lui reproche de ne pas avoir alerté plus tôt les services compétents.Pour le parquet, ces explications ne sauraient prospérer. Dans un réquisitoire ferme, le procureur dénonce des pratiques qu’il juge inacceptables: perception de contributions financières auprès des mères et rétention d’enfants en cas de non-paiement.
Si la qualification de traite de personnes n’a pas été retenue, les charges principales restent lourdes: exercice illégal de la médecine, homicide involontaire et non-assistance à personne en danger. Le parquet requiert cinq ans de prison ferme contre Ndella Madior Diouf, assortis d’une amende, et trois mois ferme contre ses coprévenus. L’affaire a été mise en délibéré pour le 26 mai.