Le bras de fer entre l'Exécutif et le Parlement se poursuiit. Le PASTEF, parti majoritaire à l'Assemblée nationale, a annoncé ce lundi 19 octobre 2026 qu'il rejetterait le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026. Porté par son président Ousmane Sonko, le parti dénonce de lourdes coupes dans les budgets sociaux et une baisse drastique des subventions aux hydrocarbures.
Autre point de friction : les bourses de sécurité familiale. Ousmane Sonko conteste la cohérence entre les annonces gouvernementales relatives à l’extension de cette politique sociale et les montants qu’il affirme avoir relevés dans les documents budgétaires. Pour 2026, il rappelle qu’une enveloppe de 35 milliards de FCfa figurait dans la loi de finances initiale. Selon ses explications, le gouvernement a annoncé vouloir porter les ressources consacrées aux bourses de sécurité familiale à 70 milliards de FCFA. Mais il affirme que la loi de finances rectificative ne prévoit que 22 milliards de FCFA sur la ligne concernée. Il demande des éclaircissements sur cet écart et sur les paiements dus aux bénéficiaires.
Le choix de la souveraineté
Au-delà des prix, Sonko remet en cause l’orientation des négociations financières avec les partenaires extérieurs. Il affirme que le Sénégal n’avait pas besoin de se tourner vers le cadre du G20 pour une opération de refinancement ou de reprofilage de sa dette. Selon lui, le pays disposait d’autres leviers, notamment ses ressources internes, ses capacités de mobilisation financière et ses partenaires régionaux. «Le Sénégal n’avait pas besoin d’être le premier cobaye de cette nouvelle initiative du G20», martèle-t-il, estimant que les difficultés du pays relèvent avant tout d’un problème de financement et de trésorerie. À ses yeux, le redressement des finances publiques ne saurait justifier des mesures qui fragiliseraient davantage les ménages.
Tant que les fonds spéciaux ne sont pas contrôlés
Le dernier verrou concerne les fonds spéciaux. Sur ce point, Ousmane Sonko se montre catégorique : Pastef ne votera ni la loi de finances rectificative ni la loi de finances initiale sans dispositions légales encadrant l’utilisation de ces ressources. Il rappelle que la transparence dans la gestion de ces fonds figurait parmi les engagements politiques du parti depuis 2019. «C’est l’argent des Sénégalais, c’est l’argent du contribuable», insiste-t-il, plaidant pour des règles qui empêchent toute utilisation discrétionnaire sans contrôle. L’ancien Premier ministre prévient que son groupe parlementaire déposera des amendements et que, si les dispositions réclamées ne sont pas retenues, les textes budgétaires pourraient être rejetés. Il affirme cependant ne pas rechercher le blocage institutionnel.