Publicité
L’accord conclu entre le Sénégal et le FMI pour un programme de 36 mois d’environ 2,2 milliards de dollars constitue incontestablement une avancée majeure. Mais Lassana Gagny Sakho temporise. Pour le PCA de l’APIX, le « nœud gordien de cet accord n’est donc plus financier, il est devenu institutionnel, il s’appelle Ousmane SONKO. »
Publicité

Les autorités sénégalaises et les services du FMI sont parvenus à un accord au niveau des services sur les principales politiques économiques qui pourraient sous-tendre un accord de 36 mois au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) d’un montant d’environ 2,2 milliards de dollars (1 537,1 millions de DTS, soit 475 % de la quote-part), afin d’appuyer le programme de réformes économiques et financières des autorités pour la période 2026–29. Le programme appuyé par le FMI devrait contribuer à mobiliser des financements de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement et d’autres partenaires de développement.

Publicité

Une bonne nouvelle pour l’économie sénégalaise. Mais Lansana Gagny Sakho, qui  se réjouit de cette boufée d’oxygène économique, se veut prudent. Dans une Tribune, le PCA de l’APIX renseigne que le principal défi se situe désormais sur le terrain de l’exécution. « Un programme du FMI n’est pas un simple mécanisme de financement. C’est un contrat de réformes qui exige discipline budgétaire, transparence, rigueur dans la gestion des finances publiques et continuité de l’action gouvernementale. Or les difficultés auxquelles le pays est confronté aujourd’hui sont le produit d’une séquence économique et institutionnelle qui s’est progressivement installée entre 2024 et 2026 sous Ousmane SONKO », déplore-t-il.

Il rappelle que les tensions sur les finances publiques, les révélations sur l’ampleur du déficit et de la dette, la suspension du précédent programme avec le FMI, les cinq dégradations successives de la notation souveraine, les difficultés de refinancement et la perte de confiance des investisseurs ne sont pas apparues spontanément. Il ajoute pointant du doigt Ousmane Sonko, Premier ministre d'alors : « Elles se sont développées au cours d’une période durant laquelle l’actuel Président de l’Assemblée nationale occupait les fonctions de Premier ministre avec tous les pouvoirs. C’est cette même séquence qui a conduit à une dégradation progressive de la crédibilité financière du Sénégal auprès des marchés et des partenaires internationaux. »

Une partie importante des difficultés que le nouveau programme du FMI cherche précisément à corriger trouve son origine dans une période dont l’un des principaux responsables politiques préside désormais l’institution appelée à examiner et voter les textes indispensables à la réussite de ce programme, déballe le responsable et membre fondateur de Kiiraay.

Publicité

Le nœud gordien de cet accord s’appelle Ousmane SONKO

A l’en croire, « les engagements pris dans le cadre du programme devront se traduire par des lois de finances, des réformes fiscales, des autorisations d’emprunt, des mesures de maîtrise des dépenses et des réformes économiques dont la mise en œuvre nécessitera une coopération étroite entre l’exécutif et le législatif. »

Or, précise-t-il,  «la première réaction publique du Président de l’Assemblée nationale à l’annonce de l’accord mérite attention. » A signaler qu’aussitôt après l’accord financier rendu public, Sonko a demandé la publication du mémorandum conclu avec le FMI.  Pour Sakho, « cette prise de position met également en évidence que la phase politique du programme commence à peine. » « Cette situation nourrit un paradoxe que beaucoup de Sénégalais auront du mal à ignorer », prévient-il.

Il rembobine : « Les principales difficultés que l’accord cherche aujourd’hui à résoudre ont émergé durant la période où Ousmane SONKO qui demande désormais des explications était lui-même au cœur de l’appareil exécutif. Les déficits budgétaires, les tensions de refinancement, la suspension du programme précédent, les dégradations de notation et l’affaiblissement de la confiance des investisseurs sont des réalités qui se sont imposées au cours de cette même séquence. »

 Vers une confrontation politique

Publicité

Selon le PCA de l’APIX, « à l’approche d’échéances électorales, Ousmane SONKO et c’est dans son adrénaline va privilégier la confrontation plutôt que la coopération. Sa stratégie visera à ralentir et à compliquer l’exécution des réformes dans l’espoir d’en tirer ultérieurement un bénéfice politique. Faire courir un risque majeur au Sénégal est le cadet de ses soucis ». « Son objectif n’a pas changé d’un iota depuis la victoire des élections de 2022,  mettre à genoux l’économie sénégalaise pour jouer au sauveur en 2029… Il fut portant mis à l’épreuve 2024-2026, il avait tous les pouvoirs, résultat des courses, il a plombé le pays du quatrième au quatorzième sous-sol par incompétence », se désole-t-il.

« Un programme avec le FMI peut échouer non parce que son diagnostic est mauvais, mais parce que son exécution devient prisonnière de la boulimie d’un homme. Un texte budgétaire bloqué, une réforme retardée ou une revue du programme compromise peuvent avoir des conséquences immédiates sur la capacité du pays à restaurer sa crédibilité », alerte-t-il.

sn fmi
sn fmi

Il conclut : « L’intérêt national aurait commandé que tous les acteurs politiques, quelles que soient leurs ambitions ou leurs divergences, considèrent que la restauration de la crédibilité financière du Sénégal constitue un objectif supérieur. Le pays ne peut se permettre que des enjeux de positionnement politique compromettent un programme dont dépend une partie importante de sa stabilité financière, mais le Président de l’assemblée nationale n’en a cure… »

Publicité