Accidents de travail : un panel à Dakar pour inciter les autorités à agir davantage

Au Sénégal, les morts subites dans les entreprises et les accidents de travail sont devenus une préoccupation majeure des travailleurs et des employeurs.

Crédit photo - EIFFAGE SENEGAL

Les accidents de travail sont une véritable tragédie : plus de deux millions de personnes en ont perdu la vie dans le monde en 2021. C’est ce qui est ressorti d’un panel organisé dans le cadre des activités des Préventica Dakar et dont le thème est « situation de la santé et sécurité travail dans le secteur industriel : enjeux et perspectives ».

« Les pertes en vies humaines que nous enregistrons dans le monde du travail, le nombre élevé de travailleurs malades par suite d’un manque de prévention et l’absence d’une politique de santé et de sécurité au travail efficace et adaptée doivent interpeller notre conscience », soutient Lamine Fall, Secrétaire général adjoint de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS), qui avait à ses côtés Amadou Massar Sarr, président de la Cellule sécurité environnement en milieu professionnel du CNP. En plus des pertes que subissent les entreprises à cause des accidents de travail, explique M. Fall, « s’ajoutent les pertes économiques et financières énormes pour les entreprises et les pays ».

« D’où l’urgence d’avancer rapidement [selon lui] dans l’adoption de structures de réflexions et d’actions de type nouveau pour que la santé et la sécurité au travail soient réellement au centre de l’activité économique ». Car il est inacceptable, à l’en croire, qu’au 21e siècle, des hommes et des femmes continuent de mourir sur les lieux de travail, simplement par suite de négligences. « Fort heureusement, au Sénégal, l’Etat s’est inscrit dans une dynamique pour mettre en exergue la Santé Sécurité au Travail et ceci dans un cadre tripartite », se félicite M. Fall.

« Le malaise au travail est une réalité au Sénégal », enchaîne un autre médecin du travail, qui présentait le thème : « Malaise en milieu du travail », au Forum international sur la maîtrise globale des risques en Afrique de l’Ouest, qui se tient à Dakar. D’après lui, plus d’une dizaine de travailleurs ont perdu la vie au travail en 2016-2017. « Un commissaire de police est mort dans son bureau, un inspecteur de Douane est aussi mort subitement en pleine activité, un directeur de société est victime d’une mort subite, un professeur de lycée est mort à l’école suite à un malaise, un célèbre batteur de tam-tam est mort après avoir enterré son ami », cite-t-il.

Selon ses révélations, la mort subite touche plus les personnes de plus de 50 ans et aussi les athlètes de haut niveau. Il cite l’exemple de Marc Vivien Foe en France. Selon toujours le médecin du travail, les causes de la mort subite sont nombreuses. « Elles peuvent être d’origine cardiaque et être dues au stress lié à la charge du travail, à la pression, aux dysfonctionnements et aux inégalités au sein de l’entreprise. Les causes peuvent aussi être internes (malaise d’origine neurologique, Accidents vasculaires cérébraux (AVC) », dit-il.

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À l’en croire, le stress se manifeste par des troubles digestifs, des inconforts digestifs, de la dysenterie, le burnout, l’épuisement, entre autres. D’après lui, il y a des « circonstances favorables à la mort subite ». Il s’agit, entre autres, de l’excès de cholestérol, les fumeurs, alcooliques et sportifs du dimanche sont aussi exposés. Cependant, pour lutter contre le stress, il suggère de connaître d’abord la cause, d’éviter l’injustice, la charge du travail dans l’entreprise et avoir une bonne politique sociale. « Pour aider une victime, il faut d’abord la sécuriser en mettant la personne en position de latéralité », enchaîne-t-il.

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