Affaires Diodio, Rox, Awa Baldé... : quand le bashing-web se transforme en un business lucratif
Diodio Glow Skin-Rox : l’argent au cœur des soupçons
Des affaires Diodio Glow Skin-Rox à celle d’Awa Baldé, en passant par le dossier Sophie Touré, des fortes sommes d'argent sont utilisés pour détruire des réputations. Dans sa parution du jour, L'OBS, dévoile l'effroyable modèle économique des maîtres-chanteurs du web. Derrière le cyberharcèlement, il y a un système de racket organisé. La preuve, Mame Diarra Thiam, alias Dodio Glow Skin, s'est retrouvée au centre d’une affaire où les transferts d’argent occupent une place aussi sensible.
L’influenceuse, connue notamment pour ses activités dans les cosmétiques, est citée dans une procédure portant sur des faits présumés de cyber-harcèlement. Au fil de l’enquête, des versements d’argent effectués au profit de plusieurs acteurs de TikTok, dont Rokhaya Fall, alias Rox la Chancelière, Adamo et Kaliphone, ont attiré l’attention des enquêteurs. Les montants évoqués dans la presse atteindraient plusieurs millions de FCfa. Des audios et des échanges versés au dossier alimentent les interrogations sur la destination de ces fonds.
Quand la "ripasse" devient une affaire de prestation
Sur TikTok, une polémique peut désormais devenir un contenu à part entière. Un audio est transmis, une histoire racontée, un liveur s’en saisit et l’affaire prend une tout autre ampleur. Dans certains cercles, le terme de «ripasse» désigne, selon l’usage rapporté par des acteurs de cet univers, le fait de soumettre une affaire ou un enregistrement à un créateur de contenu afin qu’il l’écoute, s’en empare ou le diffuse auprès de son audience, parfois contre rémunération.
Kaliphone : "Il faut me payer pour traiter de ces cas lors de mes panels"
Kaliphone Sall a lui-même évoqué publiquement le principe d’un paiement préalable pour écouter un audio, puis d’une somme supplémentaire pour le diffuser dans ses panels. «Il faut même me payer avant que je ne réponde à l’audio. Il faut aussi débourser une somme pour traiter de ce cas lors de mes panels», déclarait-il.
L'affaire d’une vente de terrain opposant l’influenceuse Awa Baldé aux hommes d’affaires Aziz Ndiaye et Elimane Lam a connu le même sénario. Estimant que les engagements financiers liés à cette transaction n’avaient pas été respectés, Awa Baldé avait engagé une procédure judiciaire contre les deux hommes. L’affaire a finalement été jugée prescrite, sans que sa plainte n’aboutisse à la reconnaissance judiciaire des faits qu’elle dénonçait.
Mais le différend, lui, n’a pas disparu des réseaux sociaux. Awa Baldé a continué à prendre la parole dans des panels, à revenir sur cette affaire et à exprimer publiquement son désaccord. C’est dans ce contexte que Rokhaya Fall, alias Rox la Chancelière, s’en est prise verbalement à elle sur les réseaux. Puis des audios présentés comme des échanges privés entre Rox et l’un des deux hommes d’affaires ont circulé, après l’inculpation des prévenus dans l’affaire Diodio Glow Skin.
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Dans ces enregistrements, Rox évoquerait le fait de s’être attaquée à Awa Baldé afin que celle-ci cesse de s’en prendre aux deux hommes. Ces propos ont nourri le soupçon d’une intervention menée pour leur compte et, pour certains, celui d’une attaque rémunérée. Mais les extraits audio, à eux seuls, ne permettent pas d’établir qu’un paiement a effectivement été effectué en contrepartie des insultes.
Autre dossier, autre mécanisme présumé. Celui de l’actrice et influenceuse Sophie Touré, dont la vie privée s’est retrouvée exposée dans un panel animé par le liveur Serigne Bada Kémane. Ce dernier aurait affirmé que le mariage de l’actrice avec un célèbre marabout relevait davantage de l’intérêt financier que d’un choix sentimental.
Il aurait également diffusé un enregistrement attribué à la mère de Sophie Touré, dans lequel celle-ci interroge sa fille sur la situation financière de son futur époux. Le liveur lui aurait alors réclamé 500 000 FCfa en échange de cette information. Elle affirme avoir versé la somme, sans obtenir finalement le nom de la source.