Cambérène : il prête sa chambre à un couple, filme leur intimité et réclame 150 000 F CFA pour ne pas diffuser la vidéo
Une affaire aux lourdes accusations a été examinée mardi devant la chambre criminelle de Dakar. B. A. Laye comparaissait pour des faits présumés remontant à 2022, dans lesquels une chambre prêtée à un ami aurait servi de cadre à une série d’agissements ayant conduit à des poursuites judiciaires. Selon les éléments rapportés à l’audience par L’Observateur, l’accusé avait accepté de mettre sa chambre située à Cambérène à la disposition de son ami de longue date, A. Diallo, qui devait y retrouver sa compagne, Kh. B. Ndiaye. Après avoir réclamé 5 000 francs CFA pour ce service, B. A. Laye aurait fait irruption dans la pièce alors que le couple s’y trouvait. Il lui est reproché d’avoir contraint les deux jeunes gens à se déshabiller avant de filmer leur intimité. Il aurait ensuite récupéré le téléphone de son ami et l’aurait expulsé des lieux.
Une vidéo utilisée pour faire pression sur le couple
L’affaire ne se serait pas arrêtée à l’enregistrement de la vidéo. B. A. Laye est également accusé d’avoir agressé sexuellement la jeune femme et d’avoir exercé des pressions sur le couple en menaçant de diffuser les images enregistrées. Selon les accusations portées contre lui, il aurait notamment réclamé la somme de 150 000 francs CFA en échange de la non-diffusion de la vidéo. Les enquêteurs sont finalement parvenus à l’interpeller lors d’un rendez-vous organisé pour la remise de l’argent. À la barre, B. A. Laye a reconnu avoir filmé le couple, expliquant son geste par des difficultés financières. Il conteste toutefois les autres accusations portées contre lui. L’un des deux plaignants, A. Diallo, était présent à l’audience et a finalement déclaré se désister de sa constitution de partie civile.
Le parquet requiert 15 ans de réclusion
Au terme des débats, le ministère public a requis 15 ans de réclusion criminelle contre B. A. Laye, au regard de la gravité des faits qui lui sont reprochés. La défense, assurée par Me Baba Diop, a pour sa part plaidé l’acquittement au bénéfice du doute. L’avocat a notamment soutenu que les éléments du dossier ne permettaient pas d’établir une préméditation et a demandé à la chambre criminelle de retenir cette circonstance dans son appréciation. Le tribunal rendra son verdict le 8 septembre 2026.