Débat des candidats à l’ONU : Macky Sall déroule sa vision du poste de secrétaire général
En lice pour le poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Macky Sall a présenté, jeudi, sa vision de la fonction à l’occasion du débat entre les candidats, organisé au siège des Nations unies par le Bureau du président de l’Assemblée générale. L’ancien chef de l’État sénégalais a affirmé que, s’il était élu, il entendrait exercer sa mission avec impartialité en privilégiant la diplomatie préventive. Il a expliqué vouloir jouer pleinement son rôle de facilitateur et d’alerteur précoce, notamment en maintenant un dialogue constant avec les différentes parties en conflit, y compris les membres permanents du Conseil de sécurité. « C’est là où le travail est le plus difficile, mais je crois que l’impartialité du secrétaire général, sa responsabilité de conduire l’organisation avec la confiance des États membres, doit l’amener à être ce bâtisseur constant de ponts entre les pays et de création de confiance qui nous permet d’assumer notre rôle historique. Parce que les leaders de nos pays ne doivent pas détruire l’organisation », a déclaré Macky Sall.
Selon lui, la confiance entre les États constitue un élément essentiel pour permettre à l’ONU de remplir efficacement sa mission. Il a ainsi appelé les dirigeants actuels à renforcer leur coopération afin de favoriser la paix et un ordre international plus stable. Pour illustrer sa conception de l’impartialité, Macky Sall est revenu sur son expérience à la tête du Sénégal et de l’Union africaine. Il a évoqué les démarches entreprises au début de la guerre en Ukraine, lorsqu’il s’était rendu successivement auprès des autorités russes et ukrainiennes. « J’ai été président du Sénégal pendant 12 ans et j’ai dirigé l’Union africaine. Je me rappelle qu’après le déclenchement de la guerre en Ukraine, j’ai été amené à devoir aller rencontrer le président Poutine », a-t-il rappelé.
Reconnaissant que cette initiative avait suscité des critiques dans un contexte de fortes tensions internationales, il a expliqué que sa démarche répondait aux préoccupations du continent africain, confronté aux conséquences du blocage du port d’Odessa et aux difficultés d’approvisionnement en engrais. « Mais, puisque je représentais un continent qui vivait les conséquences du blocage du port d’Odessa, avec l’absence de facilités de commerce sur les engrais pour les pays africains, il fallait donc, malgré ces tensions, aller à Sotchi et à Kiev. Donc il faut que le contact soit en permanence établi, quelles que soient les tensions. Et c’est ça le rôle impartial que le secrétaire général doit jouer pour rétablir la confiance entre les membres », a soutenu Macky Sall.