Films pornos "Made in Sénégal" : prison ferme pour les deux acteurs
152 vidéos pornographiques saisies
L’affaire du réseau de production de vidéos pornographiques, démantelée par la Brigade de recherches de Keur Massar, s’est soldée par des condamnations contrastées. Rappelons que lundi 1er janvier 2026, la Brigade de recherches de Keur Massar mettait fin aux activités d’un réseau structuré de production et de diffusion de vidéos pornographiques opérant à Dakar et dans sa banlieue, avec des ramifications en Europe. Pas moins de 152 vidéos à caractère pornographique avaient été saisies lors de l’opération, qui a conduit à l’arrestation de cinq personnes, dont le présumé réalisateur.
Présentés devant le Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye, les prévenus sont M. Seck alias Papito (31 ans), commerçant ; I. Diop alias Flex (35 ans), coach de basket domicilié aux HLM 5 ; M. Kâ (37 ans), commerçante à Thiaroye ; A. Cissokho (27 ans), née à Brazzaville, rentrée au Sénégal en 2024 et se présentant comme agente immobilière ; et O.L. Onugbui, Nigériane de 30 ans, prostituée déclarée. Si le ministère public avait requis cinq ans de prison ferme contre les deux principaux prévenus et trois ans contre les femmes, le tribunal a finalement prononcé des peines nettement inférieures, après avoir établi la réalité des faits et la hiérarchie des responsabilités, rapporte L'OBS.
L'excuse de la précarité et de la manipulation
Devant le tribunal, M. Seck et I. Diop ont reconnu leur participation aux tournages, tout en tentant de minimiser leur rôle dans l’organisation. Les femmes, pour leur part, ont évoqué la précarité, la manipulation ou l’ignorance quant à la diffusion des images. Certaines ont admis l’absence de carnet sanitaire valide, d’autres ont nié toute implication active dans un réseau organisé. Dans un réquisitoire qualifié d’explosif, le Procureur a insisté sur la gravité des faits et la nécessité de frapper fort. Convaincu de la culpabilité de tous les prévenus, il a requis cinq ans de prison ferme contre M. Seck et I. Diop, et trois ans ferme contre les trois femmes.
Après délibéré, le tribunal a toutefois opté pour des peines plus clémentes. Les deux hommes ont été déclarés coupables de l’ensemble des chefs de prévention et condamnés à deux ans de prison ferme. M. Kâ a écopé de trois mois ferme pour association de malfaiteurs et défaut de carnet sanitaire. Les deux autres actrices ont été relaxées du chef d’association de malfaiteurs, mais reconnues coupables de défaut de carnet sanitaire, avec des peines de deux mois assortis du sursis. L’enquête, selon les autorités, se poursuit afin d’interpeller les autres membres identifiés sur les vidéos saisies, tandis que les cerveaux présumés du réseau, basés en Europe, restent activement recherchés.