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Economie bleue : des océans d’emplois et d’opportunités pour l’Afrique 

Un atelier de la stratégie de mobilisation de ressources pour le financement de l'économie bleue, s’est ouvert, aujourd’hui mercredi 4 mars 2026, à Dakar, avec pour principal objectif de renforcer la mobilisation fiancière en faveur de ce poumon bleu, confronté à des défis croissants.
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Avec un littoral d'environ 26 000 à 30 500 kilomètres de long, l’Afrique possède un capital naturel exceptionnel. Pourtant, la vision seule ne suffit pas à libérer ce potentiel. Ce dont le continent a besoin aujourd’hui, c’est de finance bleue, ce capital catalytique capable de transformer les opportunités maritimes en une croissance durable, investissable et résiliente, mais aussi de créer des emplois, et des opportunités économiques à des millions de personnes. C’est tout le sens de l’atelier de la stratégie de mobilisation de ressources pour le financement de l'économie bleue qui se tient les 4 et 5 mars 2026 à Dakar.

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Lors de son intervention, Mme Amy Gaye, la Représentante de la Coordonnatrice Résidente du système des Nations-Unies au Sénégal (qui a également parlé au nom de la CEA), a d’emblée rappelé que la 3e conférence de l'ONU sur l'océan (UNOC-3), tenue à Nice du 9 au 13 juin 2025, a placé au cœur de son agenda la mobilisation des financements. Ce, pour conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable (ODD14) et soutenir le développement d’une économie bleue durable. Elle a salué la qualité de la collaboration entre la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) et la Direction du commerce extérieur et des acteurs, qui a « permis de disposer d’une version provisoire du document stratégique à la suite de l’atelier national de consultation tenu en novembre 2025 à Dakar. »

« Avec plus de  700 km de côtes en littoral et une position géographique stratégique, des infrastructures logistiques en plein essor,  un  savoir-faire reconnu en matière de pêche artisanale de vastes zones de pêche et d'écosystèmes côtiers uniques, le Sénégal dispose d'un atout et de potentialités considérables », s’est-elle réjoui. Non sans préciser que l’économie bleue est un secteur pilier économiquement performant durable, inclusif et de créateurs d’emplois. « La transformation des produits de nos mers, la promotion d'une agriculture durable, le développement d'un tourisme côtier responsable, les efforts de restauration des écosystèmes ainsi que la promotion des initiatives d'économie circulaire constituent autant d'opportunités majeures pour le développement de l'économie bleue », insiste-t-elle.

Cependant, prévient-elle, le secteur de l'économie bleue fait face à des défis importants. Il s'agit, selon elle, « de la pression sur les ressources avec des risques élevés de surexploitation, de l'impact de l'érosion côtière et de la salinisation sur les infrastructures et les moyens de subsistance des populations concernées. » Elle relève également le faible développement des chaînes de valeurs structurées marquées par des pertes post-capture importantes et une faible dotation en chaînes de froid ainsi que la lenteur dans la mise en place d'une approche de coordination pleinement inclusive et intégrée en l'état, les collectivités territoriales, les communautés et le secteur de l'économie bleue.

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Dans ce contexte, dit-elle, « la mise à disposition à travers la présence stratégique soumise à votre revue et validation d'un référentiel stratégique à moyen terme, qui reflète les priorités de financement du secteur de l'économie bleue au Sénégal, constitue une opportunité majeure. » « Son application effective des vrais acteurs permet d'attirer d'importants investissements durables et de générer des emplois décents notamment pour les jeunes et les femmes qui représentent une part essentielle des acteurs du secteur », recommande-t-elle. A l’en croire, « son opérationnalisation contribuera à renforcer la résilience climatique, à promouvoir une croissance économique verte et inclusive et à accélérer la diversification de l'économie indispensable pour élargir l'offre de l'exportation. »

« Au regard de la mobilisation active et de la qualité d'experts présents ce matin, le système des Nations unies au Sénégal est confiant que le document de stratégie qui sera enrichi et validé à l'issue de ces deux jours de réflexion, sera adossé à un programme d'action priorisé, budgétisé, avec une programmation à la fois ambitieuse et réaliste », se félicite-elle. A son avis, la mise en place d'un dispositif de gouvernance institutionnelle et technique impliquant les acteurs directement concernés à la base, notamment les collectivités locales et les communautés, constituera à cet égard un levier essentiel pour une mise en œuvre réussie de la stratégie.

800. 000 emplois : les opportunités de l’économie bleue

Dans la foulée, El Hadji Ibrahima Paye, représentant du ministre de l'Industrie et du Commerce  a détaillé les opportunités de l’économie bleue qui représente un levier de croissance en Afrique. En se fondant sur les chiffres de la Banque mondiale, M. Paye révèle que la finance bleue a  une valeur estimée à 1 000 millions de dollars américains par an et un potentiel de création de 800. 000 emplois enveloppant la pêche, le tourisme et le transport maritime. « Ce secteur soutient la sécurité alimentaire, la diversification économique et le développement durable de plus de 30 pays côtiers et insulaires », a-t-il indiqué. Il a précisé que le secteur lié à l'économie bleue au Sénégal dispose d'outils considérables, notamment en termes de production géostratégique de nos pays, d'infrastructures portuaires et de services énergétiques maritimes, de disponibilité de ressources énergétiques, de potentiel énergétique offshore, etc.

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A cet effet, ajoute-t-il, "cette stratégie s'inscrit pleinement dans la politique de diversification et d'amélioration de la compétitivité extérieure, économique d'intégration régionale dans le cadre de la  Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) et dans les engagements en matière de développement durable et de résilience économique." En effet, ajoute-t-il, "l'économie bleue est un moteur majeur de la croissance au Sénégal, contribuant significativement au PIB par le biais de la pêche, de l'aquaculture, du transport maritime, des industries extractives, du pétrole et gaz, etc."

Dans un tel contexte, il est nécessaire de veiller aux responsables de l'environnement favorables à leur disponibilité et à leur confiance économique, dans l'optique de favoriser la montée en gamme des produits exportés, l'intégration des chaînes de valeurs régionales voire mondiales, la création d'emplois qualifiés et une transition vers une croissance plus inclusive et durable. Selon Paye, cet atelier de validation de la stratégie de mobilisation des ressources pour le financement de l'économie bleue constitue non sans doute une étape importante pour remédier à cette situation L’objectif est clair : « disposer d'un instrument de référence permettant d'engager aussitôt après sa validation une mobilisation structurée et coordonnée des ressources avec une approche ininterrompue de financement », conclut-il.

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