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Foyer d’infection à hantavirus : 3 morts, Dakar active sa riposte sanitaire

Un hantavirus est suspecté d’être à l’origine d’un foyer mortel signalé à bord d’un navire de croisière placé sous étroite surveillance sanitaire au large du Cap-Vert.
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L'identité des victimes

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Six passagers d'un bateau de croisière reliant Ushuaïa au Cap-Vert ont été contaminés par une infection à hantavirus, des agents pathogènes pouvant provoquer des syndromes respiratoires aigus. Trois sont morts, et l'un d'entre eux est en soin intensifs dans un hôpital de Johannesbourg.  Il s’agit d’un sexagénaire néerlandais, mort à bord du bateau le 11 avril dernier, sans que la cause n’ait pu être établie. Son corps a été débarqué le 24 avril sur l’île de Sainte-Hélène, un territoire britannique dans l’océan Atlantique Sud. Son épouse, 69 ans, est également décédée, dans un hôpital de Johannesburg où elle a été évacuée à la suite d’un malaise. La troisième victime, de nationalité allemande, a rendu l’âme le 2 mai dans le paquebot. 

Si le pays voisin a pris cette mesure préventive, c’est avant tout pour protéger sa population insulaire d’un possible foyer d’infection à hantavirus signalé par l’institution onusienne. À ce stade, rien ne confirme que le virus soit à l’origine des trois décès, mais sa présence a été établie chez un passager de 69 ans, pris en charge à Johannesburg. «Un cas d’infection à hantavirus a été confirmé en laboratoire, et cinq autres cas sont suspectés. Sur les six personnes affectées, trois sont décédées et une se trouve en soins intensifs en Afrique du Sud», a fait savoir l’Oms.  Elle ajoute que des analyses de laboratoire complémentaires et des enquêtes épidémiologiques sont actuellement menées afin de mieux comprendre les circonstances entourant ces cas de maladie respiratoire aiguë sévère.

Le risque de propagation est faible

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«Une prise en charge médicale et un soutien sont assurés aux passagers et à l’équipage. Le séquençage du virus est également en cours», poursuit-elle. Sur X, son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré que l’agence de l’Onu organise l’évacuation médicale de deux passagers présentant des symptômes, procède à une évaluation complète des risques et apporte son soutien aux personnes concernées à bord. La compagnie de croisières néerlandaise, elle, évoque «deux membres d'équipage» qui nécessitent «des soins médicaux urgents». L'Oms Europe a assuré hier matin que le risque de propagation «est faible». Il n'y a, selon le directeur régional Hans Kluge, aucune raison de céder à la panique ni d'imposer des restrictions de voyage. 

Le Sénégal en mode prévention

Sans se laisser gagner par l’inquiétude, les autorités sanitaires sénégalaises montent en vigilance et observent activement la situation. Elles s’appuient sur un triptyque clé : surveiller, anticiper et contrôler. «Nous avons activé nos mécanismes de veille», explique le Dr Mamadou Ndiaye, directeur de la Prévention au ministère de la Santé et de l’Action sociale, repris par L'OBS. Ainsi, en lien étroit avec l’Oms et l’Institut Pasteur de Dakar, les équipes sénégalaises suivent l’évolution de la situation heure par heure. Mais loin d’improviser, le Sénégal s’adosse sur un dispositif classique, déjà en place aux frontières, notamment maritimes. Au cœur de cette stratégie : un suivi systématique des navires. Avant même d’accoster, chaque bateau est tenu de transmettre son manifeste sanitaire, un document détaillant tous les événements survenus à bord durant la traversée. Une étape cruciale qui permet d’identifier en amont tout signal suspect.

Aujourd’hui, les consignes sont claires : tout navire ayant transité par des zones à risque ou suspectées fera l’objet d’une attention particulière. En cas de doute, les autorités peuvent décider de maintenir le bateau en rade pour des investigations approfondies. Au port de Dakar, les équipes du contrôle sanitaire aux frontières maritimes sont en première ligne. Une vigilance sur les flux entrants d’autant plus stratégique que, pour l’heure, le risque est essentiellement lié au transport maritime.

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Que sait-on du hantavirus ?

D’ordinaire transmis par les rongeurs et peu contagieux entre humains, le hantavirus, zoonose virale se contracte par morsure, inhalation de particules provenant de la salive, de l'urine ou d'excréments séchés de ces animaux. Il existe de nombreux types d'hantavirus, mais selon l'Office fédéral de la santé publique suisse (Ofsp), «un seul virus, extrêmement rare, peut se transmettre d'un être humain à un autre».  Chez l’être humain, ils peuvent être responsables d’infections de gravité variable, parfois mortelles.

Les symptômes

Les premiers symptômes cliniques sont généralement ceux de la grippe : fièvre, maux de tête, douleurs musculaires. Dr Mamadou Ndiaye : «Il s’agit d’une maladie connue, dont les modes de transmission sont bien identifiés. Toutefois, certaines formes, notamment hémorragiques ou cardio-pulmonaires, peuvent entraîner des décès.» Les deux maladies les plus communes causées par les hantavirus sont le Syndrome pulmonaire à hantavirus (Sph), rare avec un taux de mortalité de 40 %, que l’on retrouve sur le continent américain, et la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (Fhsr)présent surtout en Europe et en Asie. Le Sph débute souvent par de la fatigue, de la fièvre et des douleurs musculaires, suivies de maux de tête, de vertiges, de frissons et de troubles abdominaux.

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Aucun vaccin ni traitement curatif contre le hantavirus

Le Fhsr – plus grave encore – touche principalement les reins. Il se manifeste par une hypotension, des hémorragies internes et une insuffisance rénale aiguë. La létalité varie selon les virus et peut aller jusqu’à 15 % des cas. Aucun vaccin ni traitement curatif spécifique contre cette maladie n’est disponible. L'élimination ou la minimisation du contact avec les rongeurs serait le meilleur moyen de prévenir l'infection.

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