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Après plus de huit années passées en détention, le journaliste d’investigation René Capain Bassène a retrouvé la liberté à la faveur d’une grâce présidentielle. S’il exprime sa reconnaissance, il maintient son innocence et appelle à faire toute la lumière sur l’affaire de Boffa-Bayotte.
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Arrêté dans la nuit du 13 au 14 janvier 2018, René Capain Bassène aura passé plus de huit ans derrière les barreaux avant de recouvrer la liberté. Journaliste d’investigation et écrivain, il qualifie cette longue détention d’« injuste », dans un contexte marqué par de nombreuses contestations et mobilisations citoyennes en sa faveur. À sa sortie, le retour à la vie civile s’est fait sans préparation particulière. Conduit en taxi par un cousin, il a été profondément marqué par l’accueil spontané de sa famille et de ses proches.

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Les retrouvailles avec ses enfants ont été particulièrement chargées d’émotion. « Quand je l’ai quitté, mon fils avait trois mois. Je l’ai retrouvé en garçon qui m’a appelé “Papa”. Ma fille, qui avait trois ans, est devenue une grande fille qui m’a pris par le bras », confie-t-il, évoquant le poids du temps écoulé. René Capain Bassène rappelle qu’il a été « injustement arrêté, injustement condamné », tout en soulignant que sa libération relève d’une décision présidentielle dont il dit ignorer les motivations. « C’est lui seul qui sait pourquoi il m’a libéré. Mais je le remercie du fond du cœur », déclare-t-il. Au-delà de cette reconnaissance, l’ancien détenu insiste sur la nécessité de faire éclater la vérité dans l’affaire de la tuerie de Boffa-Bayotte. « Je suis le dernier à être libéré. Je sais que je n’ai pas tué. Je prie pour que la vérité éclate, afin que les familles des victimes sachent qui a réellement tué leurs parents. Moi aussi j’ai besoin qu’on sache qui a fait », affirme-t-il.

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S’il dit avoir pardonné, conscient qu’aucune réparation ne saurait compenser les souffrances physiques, morales et psychologiques subies, il estime que la justice doit aller jusqu’au bout. L’accueil chaleureux qui lui a été réservé par voisins, proches et anciens collègues constitue, selon lui, un signe fort. « Rien que cet accueil, par surprise, est pour moi un témoignage. Si j’étais un malfaiteur, je ne crois pas que j’aurais eu ce que j’ai aujourd’hui », soutient-il. Désormais libre, René Capain Bassène inscrit son combat dans une quête de vérité et de justice. Pour lui, l’affaire de Boffa-Bayotte ne saurait rester une plaie ouverte. Elle appelle, selon ses mots, une clarification définitive afin que les familles des victimes puissent enfin connaître la vérité.

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