Publicité

Guédiawaye : Rebondissement dans l'affaire des jumelles qui accusait un directeur d'école de viols

Viol
Viol
Abdoulaye Sy, enseignant émérite de 60 ans et ancien Directeur de l'Ecole 16, était accusé de viol sur ses deux nièces jumelles. Mais après trois ans de détention, l'audience a fait vaciller l'accusation : les certificats médicaux ont révélé que l'une des jumelles était encore vierge, tandis qu'un témoignage de la responsable du Village d'enfants SOS a évoqué une «pathologie du mensonge» chez les supposées victimes.
Publicité

L'histoire commence par un drame de la vie : une mère qui meurt en couches à Bakel, laissant derrière elle trois jumeaux dont deux filles brisées. Recueillies au Village d'enfants SOS, les jumelles finissent par être confiées, à l'âge de 17 ans, à leur oncle paternel, Abdoulaye Sy, au quartier Notaire de Guédiawaye. L'instituteur émérite devient leur père de substitution. Mais en juin 2023, c'est la déflagration. Les notes des filles s'effondrent. Interrogées, elles lâchent une bombe : leur oncle abuse d'elles. Le 26 juin 2023, le vieux directeur qui était alors à 5 ans de la retraite, est jeté en prison.

Publicité
viol

Hier mardi, pour la première fois depuis trois ans, le face-à-face a eu lieu. Sur ordre du Juge, H. Sy, aujourd’hui âgée de 21 ans, a planté ses yeux dans ceux de son oncle. Un frisson traverse la salle. «Il venait la nuit dans le salon, il glissait ses doigts pour voir si j'étais vierge... Il m'a pénétrée !», jure-t-elle à voix haute. Sa jumelle, D. Sy, enfonce le clou et parle de deux viols subis au même endroit, profitant de l’absence de leur tante. Face à ce réquisitoire de larmes, Abdoulaye Sy reste droit comme un i. L'homme conteste être un pervers, il est plutôt un éducateur. D'une voix calme, mais habitée par la rage de l'innocence bafouée, il démonte l'accusation. «Ma maison compte quatre chambres. Il y a ma femme, ma fille aînée, leur propre frère jumeau Alassane... Cinq personnes vivent là ! Comment aurais-je pu faire ça sans que personne n'entende un cri», martèle-t-il.

À ses côtés, son avocat, le tonitruant Me Moustapha Dieng, sort l'artillerie lourde. Il brandit des dizaines de témoignages de l'Inspection d'académie et de ses pairs. Jamais, de toute sa carrière au barreau, l'avocat n'avait vu un tel élan de solidarité pour un accusé. Abdoulaye Sy est décrit comme un homme intègre, un bâtisseur d'esprits.C

Une tendance à la mythomanie chez les jumelles

Publicité
viol

C'est alors que le procès bascule dans le spectaculaire. Deux éléments vont totalement pulvériser la version des jumelles. D'abord le verdict de la science que lit le Procureur, le certificat médical parle d'une défloration ancienne de l'hymen pour D. Sy, et l’examen gynécologique formel de H. Sy est sans appel : elle est parfaitement vierge. Son hymen est intact. Comment, dès lors, soutenir la thèse de pénétrations répétées en pleine nuit ? De plus, D. Sy s'empêtre dans les dates, incapable de dire quand le crime a eu lieu. Le ministère public s'appesantit aussi sur le témoignage plein d'enseignement de la «mère» des jumelles. B. Barry, la responsable de SOS Enfants qui a élevé les jumelles pendant dix-sept ans, livre un témoignage écrit qui glace le sang du tribunal. Pour cette spécialiste de l'enfance, les jumelles souffrent d'une pathologie du mensonge. «Faites très attention à ce qu’elles disent, elles sont capables d'inventer un viol et de comploter ensemble pour soutenir un mensonge évident», prévient-elle.

Le Parquet capitule, la défense réclame justice

exorcisme viol sexe
exorcisme viol sexe
Publicité

Devant un tel désastre factuel, le procureur de la République prend ses responsabilités. Loin de s'obstiner, il choisit la vérité du dossier contre l'émotion de la barre. Constatant les contradictions insurmontables et la preuve scientifique de la virginité de l'une des victimes présumées, le maître des poursuites lâche ses armes : «Notre intime conviction n'est pas emportée. Il y a trop d'approximations. Pour que justice soit faite, je demande l'acquittement d'Abdoulaye Sy.» Dans une plaidoirie finale d'une rare intensité, Me Moustapha Dieng a enfoncé le clou, rappelant l'adage séculaire : «Mieux vaut laisser libre un coupable que de condamner un innocent.» Puis, se tournant vers les deux filles, l'avocat a troqué sa robe de défenseur pour celle d'éducateur, les suppliant de retrouver le droit chemin et d'arrêter de détruire leur propre famille. Le rideau est tombé sur cette audience hors norme. L’oncle connaîtra son sort le 4 août 2026. Un acquittement serait un drame pour les jumelles, mais une libération pour un homme qui a passé trois ans en prison pour des faits qu'il a toujours niés.

Source : L'OBS

Publicité