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Hierarchie entre préfet et député : que dit le décret relatif aux préséances au Sénégal

Un incident protocolaire est survenu, ce 12 avril 2026, au festival Pencum Niany de Koumpentoum, opposant le Préfet à deux députés de PASTEF, qui ont refusé de se lever devant l'autorité préfectorale. Que disent les codes de la courtoisie républicaine et la hiérarchie des institutions ?
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Alors que la cérémonie officielle du festival culturel «Pencum Niany», hier dimanche 12 avril 2026 à Koumpentoum, battait son plein, l’arrivée de la préfète du département, Mme Safiatou Joséphine Dieng, a provoqué un malaise. Conformément aux usages protocolaires en vigueur lors de l'entrée de l'autorité territoriale représentant le chef de l'État, l'assistance s'est levée. Toutefois, deux députés du parti Pastef, Moussa Mbaye et Awa Sow, ont ostensiblement choisi de rester assis.

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Le préfet esf au-dessus du député

L’autorité administrative aurait demandé aux deux élus de se conformer au protocole ou de quitter la tribune officielle. Cette intervention a donné lieu à un débat de fond sur le décret relatif aux préséances au Sénégal. Si le préfet préside la cérémonie au nom de l'État, les députés occupent un rang élevé dans la hiérarchie protocolaire nationale. Toutefois, «conformément au décret 99-252 du 19 mars 1999 fixant l'ordre de présence des corps et autorités aux cérémonies publiques, dans les régions, le Gouverneur et ses Adjoints, et le préfet du département qui abrite la cérémonie (1er) sont  au-dessus des députés (2e) dans l'ordre protocolaire (voir article 1er, II)».

Ce débat sur l'ordre de préséance n’a même pas lieu d’être, selon Pathé Ndiaye, conseiller en organisation de classe exceptionnelle, ancien Directeur du Bureau organisations et méthodes (Bom). Interrogé par L'OBS, il s’en explique : «Le préfet représente le président de la République et le gouvernement au niveau de son département. Les députés représentent le président de l'Assemblée nationale. L'ordre protocolaire, c'est ça. Le président de la République est en tête. C'est après que l'Assemblée nationale vient. Il faut qu'ils (les députés) respectent cet ordre-là. Le préfet n'a pas tort.»

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La préfète a tort, parce qu'il a été nommé alors que le député a un mandat électif 

Pourtant, beaucoup de députés et d'anciens députés disent que le préfet a tort, parce qu'il a été nommé par décret alors que le député a un mandat électif ? «Oui, mais il y a un ordre protocolaire qui est fixé par décret. Quand vous regardez ce décret, l'ordre protocolaire est établi. Le président de l'Assemblée nationale vient après le président de la République. Dans les régions, c'est la même chose. Les députés sont tenus de se lever quand le préfet arrive. Ils doivent se lever et le saluer. Le préfet a bien raison. Il faut qu'on respecte l'ordre républicain. Elle (Safiatou Joséphine Dieng) a raison de le faire. Si elle ne l'avait pas fait, le ministre de l'Intérieur pourrait le lui reprocher.»

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