Il tabasse le marabout qui lui avait assuré le Bac moyennant 50 mille FCFA
Le lycéen avait vendu son vélo pour payer le marabout
Quelques semaines avant l'examen du BAC, P.B. 17 ans, avait croisé la route de S.T, un marabout qui se targuait de pouvoirs capables d'assurer une réussite sans effort. Le contrat était simple : 50 000 FCfa contre une admission d'office au Baccalauréat général. Pas de second tour. Pas d'incertitude. Juste le diplôme, clé en main. Confiant, le lycéen avait vendu son vélo, son unique moyen de transport pour faire la navette entre son quartier et le lycée, pour la somme de 65 000 FCfa. Au soir du 18 juin, il envoyait 50 000 à S.T, comme convenu. Le reste servirait à ses menus besoins d'élève. Puis, il avait continué ses révisions, certain que la magie opérerait.
Le marabout avait donné sa parole. Sauf que quand les résultats du Bac tombent, il est confronté à un échec cuisant. P.B. n'est même pas admissible aux épreuves du second tour. Le choc est rude, mais l'élève veut des explications.D'après le récit de L'OBS, il tente de joindre S.T. Le marabout rejette ses appels. Une fois, deux fois, dix fois. Puis il bloque définitivement sa ligne. Même lorsque le lycéen utilise un autre téléphone pour le joindre, le marabout reconnaît sa voix et raccroche aussitôt. Silence radio. L'escroc a disparu.
Mais P.B. ne l'entend pas ainsi. Il n'a pas vendu son vélo, sacrifié ses déplacements quotidiens, pour se faire plumer sans réagir. Il se lance alors dans une traque méthodique. Il écume le quartier, interroge les connaissances, tend l'oreille. Jusqu'à ce lundi 6 juillet. Ce jour-là, alors qu'il circule à bord d'une moto Jakarta, le jeune homme aperçoit une silhouette familière sur une charrette. C'est lui, S.T. Le jeune homme ne précipite rien. Il suit le marabout incognito jusqu'à la sortie de la commune de Diourbel, sur la route de Ngohé. Là, à l'abri des regards, il passe à l'action.
La sévère bastonnade au charlatan
Plus robuste, plus jeune, plus déterminé, P.B. inflige une sévère bastonnade au charlatan. Les coups pleuvent. S.T, dépassé, tente de se protéger. Mais il comprend vite qu'il n'échappera pas à la colère de sa victime. Il sort alors les 27 000 FCfa qu'il a sur lui et les remet au lycéen. Il jure, la main sur le cœur, de restituer le solde avant la fin du mois de juillet. Le différend est réglé ainsi sans tambour ni trompette.