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Victime d'agression en route vers son examen du baccalauréat à Bountou Pikine (Banlieue dakaroise), présentée sous le faux prénom de «Mariama», Maimouna Niasse, candidate annoncée décedée, brise le silence. Elle explique ce qui s’est réellement passé.
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Le film de l'agression

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Le 30 juin 2026, Maïmouna Niass se lève avec l'espoir de voir couronner des années de travail. Candidate au Baccalauréat, elle quitte son domicile de la cité Icotaf à Bountou Pikine, peu après 6H du matin, direction le CEM Pikine-Est, à Guédiawaye. Elle ne connaît pas bien le quartier. Elle part tôt, pour être sûre de ne pas arriver en retard. Mais son trajet bascule en quelques secondes. Sur la route, un scooter, avec deux passagers à bord, surgit. L'un d'eux descend, s'approche d'elle et lui ordonne de lui remettre son sac. Sans résistance, elle s'exécute.

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À l'intérieur : son argent, son cahier de révision, sa Carte d'identité et surtout sa convocation au Bac. «Ils ne m'ont fait aucun mal, physiquement. Ils m’ont seulement pris mon sac», insiste-t-elle, démentant les rumeurs d'agression violente. Sous le choc, elle rentre, dans un premier temps, chez elle. Sa mère, déjà partie travailler, revient précipitamment. Ensemble, elles se rendent au centre d'examen. Le président du jury, après l'avoir écoutée, fait preuve de mansuétude. Il lui fait établir un nouveau badge et l'autorise à composer. Soulagée, elle s'installe.

La crise d'épilepsie

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Mais l'épreuve ne dure pas. Quelques minutes après le début de l'épreuve de Philosophie, Maïmouna est victime d'une violente crise d'épilepsie. Elle souffre de cette pathologie depuis des années. Le choc du vol, le stress, la fatigue : tout s'enchaîne. Les surveillants appellent les sapeurs-pompiers. La candidate est évacuée à l'hôpital. Sa mère la rejoint, prévenue par le président du jury. À son réveil, elle exprime le désir de retourner au centre pour terminer l'épreuve. Mais le jury, inquiet pour sa santé, refuse. Elle est inscrite pour la session de remplacement d'octobre. Une décision douloureuse, qu’elle finit par accepter.

La rumeur de sa mort

Sapeur pompiers
Sapeur pompiers

Le lendemain, tout bascule. Une information sur l'agression d'une candidate qui fuit du centre. Elle est reprise par un média local, puis déformée sur les réseaux sociaux. Maïmouna devient «Mariama Niasse». On raconte qu'elle a été agressée et poignardée à coups de couteau sur son chemin vers son centre d’examen. Pis, on annonce qu'elle est morte. «C'est totalement faux. Je n'ai reçu aucun coup de couteau, je n'ai pas été blessée et je suis en parfaite santé. Je suis bien vivante», dit-elle, dans des propos repris par L'OBS.

Depuis, Maïmouna tente d'abord de répondre les commentaires des publications virales pour rétablir sa vérité. Elle écrit son vrai nom, explique qu'elle est vivante. Mais sur TikTok, Instagram, Facebook, elle est accueillie par des accusations. On la traite de menteuse, d'usurpatrice. «Certains disaient que j'utilisais un faux compte. J'ai fini par arrêter de me justifier», confie-t-elle, dépitée.

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Elle a conservé toutes les captures d'écran. Avec sa famille, elle envisage de porter plainte pour cyberharcèlement et diffusion de fausses informations. Elle veut mener ce combat, parce que le plus difficile, pour elle, ce n’est pas le vol, ni même l'interruption du Bac, mais de se voir morte chaque matin depuis le début des épreuves. A cor et à cri, elle se dit vivante et prête à affronter la session d’octobre.

Alors que les épreuves du premier tour s’achèvent aujourd’hui, Maïmouna Niass a décidé de ne pas rester silencieuse. Elle prépare déjà la session de remplacement, déterminée à réussir malgré tout. Son Bac, elle le décrochera. Et elle ne laissera personne voler son avenir. Pas les agresseurs, pas la peur qui l’habite depuis, encore moins le second traumatisme qui s’installe avec la désinformation sur sa mort.

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