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La nouvelle charge de Mary Teuw Niane : "le gourou et la secte"

Mary Teuw  nIANE
Mary Teuw nIANE
Le directeur de cabinet du président de la République revient encore à la charge. Dans une tribune intitulée "le gourou et le secte" et publiée sur sa page Facebook, Mary Teuw Niane met en lumière la perte d'autonomie psychologique et la soumission totale des adeptes face à une autorité manipulatrice. In extenso sa déclaration.
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Une secte naît lorsque des hommes et des femmes renoncent à leur propre jugement pour déposer leur conscience entre les mains d’un seul homme : le gourou.

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Alors commence l’aveuglement. Sa parole devient vérité, ses erreurs deviennent vérités supérieures, ses mensonges deviennent stratégies, ses fautes deviennent des épreuves. Le gourou est intouchable. Il ne se trompe jamais. Il ne rend de comptes à personne.

Malheur à celui qui doute.

Celui qui ose poser une question, émettre une critique ou simplement penser autrement est aussitôt livré à la vindicte. On lui prête toutes les turpitudes. On détruit sa réputation, son honneur, sa vie sociale et professionnelle. Il faut en faire une « boule puante », un être qu’il faudrait éloigner de la société.

Dans les sectes, on ne combat pas les idées : on détruit les hommes qui pensent.

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Le gourou, lui, règne sur les consciences. Il dispose de l’argent de la communauté, de la fidélité des disciples, parfois même de leur intimité et de leur destin. L’histoire regorge de ces imposteurs auréolés de sainteté qui ont fini rattrapés par leurs propres turpitudes : abus de pouvoir, détournements, mensonges, manipulations, scandales sexuels, parfois même crimes.

Car le gourou est rarement un saint. Très souvent, c’est un imposteur que le pouvoir a rendu aveugle à sa propre indignité.

Puis vient le jour où le voile se déchire.

La vérité, longtemps étouffée, finit par parler. Les contradictions s’accumulent, les témoignages apparaissent, les consciences se réveillent et la justice, parfois, découvre enfin le pot aux roses.

Alors commence le drame des disciples.

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Certains, écrasés par la honte, reconnaissent en silence l’erreur de leur vie. D’autres, incapables d’accepter que celui auquel ils avaient confié leur conscience n’était qu’un imposteur, sombrent dans le désarroi. Car lorsqu’on a remis son cerveau, sa dignité et sa liberté à un autre, que reste-t-il lorsque celui-ci tombe ?

Un troupeau sans berger, errant dans une terre sans boussole.

Le véritable danger du gourou n’est donc pas seulement ce qu’il fait. C’est ce qu’il fait faire aux autres : renoncer à penser, renoncer à douter, renoncer à être libres.

Une société qui laisse prospérer les gourous est une société qui abandonne peu à peu sa conscience.

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La naissance d’un gourou est le symptôme d’une société malade.

Sa chute peut être le signe qu’elle commence à retrouver sa raison, son éthique et sa dignité.

Prions Dieu qu’Il nous délivre des gourous — et surtout qu’Il nous rende la force de penser sans eux.

Dakar, dimanche 13 septembre 2026

Professeur Mary Teuw Niane

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