Publicité
Le Sénégalo-Italien Djiby Bâ, alias El Hadj Sow, qui a été accusé de meurtre sur sa compagne suissesse, Valentina Tarallo a été reconnu coupable devant la Chambre criminelle de Diourbel de l'assassinat de sa petite amie. Il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, ainsi qu'un milliard de francs CFA de dommages et intérêts à verser aux héritiers de sa victime.
Publicité

Après dix ans, l’affaire du meurtre de Valentina Tarallo, la chercheuse de La Loggia tuée à 29 ans par des verrous dans la rue le soir du 11 avril 2016 à son domicile de Genève, en Suisse, où elle résidait pour des raisons d’études, a été évoquée au tribunal de Diourbel. Le meurtre a eu lieu à 23 h 14 le 11 avril 2016. Ce jour-là, la police est informée d'une violente agression qui venait de se produire à l'avenue de la Croisette, à Genève.

Publicité

Un nommé Mathieu explique avoir été alerté par les cris de panique d'une femme alors qu'il se trouvait dans son appartement au 20 de cette même avenue. En se rendant sur son balcon, Mathieu dit avoir entendu un bruit sourd, semblable à un coup très brutal porté sur la tête avec un objet contondant. Le témoin, qui se trouvait au deuxième étage à une quinzaine de mètres, affirme avoir immédiatement vu une femme au sol tandis qu'un homme, qu'il décrit comme d'origine africaine, prenait la fuite en courant.

La victime était étudiante au Centre médical universitaire de Genève

À sa suite, d'autres témoins – Liliane Isabelle Patricio, ainsi que les sieurs Orci et Prieto –confirment avoir effectivement aperçu un homme noir fuyant les lieux. La victime, Valentina Tarallo, identifiée à l'aide de ses effets personnels, est rapidement conduite à l'hôpital, où elle décède le lendemain 12 avril. L'enquête révèle que la victime, née le 1er mai 1987, était étudiante au Centre médical universitaire de Genève et sur le point d'obtenir un doctorat en physiologie cellulaire.

Publicité

L'arme du crime: un tube en fer

Sur les lieux du crime, la police scientifique et technique découvre l'arme du crime: un tube en fer. Du sang appartenant à la victime est retrouvé sur l'arme, tandis que l'ADN de l'auteur présumé est identifié à deux endroits distincts du tube. L’autopsie arrivée plus tard conclut à un décès causé par un traumatisme crânio-cérébral sévère consécutif à plusieurs coups portés par un ou des objets contondants. Les médecins relèvent également plusieurs blessures sur la victime.

Prison

L'interpellation de Djiby Ba au Sénégal

Dès le départ de l’enquête, l’Adn et l'audition des proches de Valentina Tarallo permet d'indexer son compagnon, Djiby Bâ, un ressortissant sénégalo-italien. Un mandat d’arrêt est alors lancé contre l’homme qui avait déjà été arrêté en 2014 dans une affaire de drogue dure. Ainsi commence la chasse à l’homme qui durera sept années.

Publicité

Aux premières heures après le crime, Djiby Bâ est introuvable. Son téléphone, éteint, sonne dans le vide. Néanmoins, il est aperçu sur des images de vidéosurveillance de bus, trains et tramways alors qu'il quittait Genève. Son dernier appel, retracé avec un compatriote sénégalais, permet d'interpeller ce dernier qui indiquera que le suspect est en route pour le Sénégal. Le 5 octobre 2018, la première procureure de la République du canton de Genève saisit les autorités sénégalaises aux fins de mener des investigations pour localiser et interpeller l’homme pour assassinat sur la personne de Valentina Tarallo.

Le parquet de Diourbel transmet alors le dossier à la section de recherches de Dakar, compétente en la matière. Les investigations conjointes permettent de localiser Djiby Bâ successivement à Saint-Louis, Dakar, Kolda, Keur Mbaye Fall, Diourbel et enfin à nouveau Dakar. En vain, la justice apprendra plus tard que l’homme évoluait au Sénégal sous une autre identité: El Hadj Sow. Il est finalement arrêté en avril 2023 à Diourbel, alors qu'il tentait de conclure la vente de sa villa sise à Keur Mbaye Fall pour 80 millions de francs CFA.

La réclusion à perpétuité

Devant le juge de la Chambre criminelle ce mardi, Djiby Bâ, alias El Hadj Sow était poursuivi pour assassinat avec actes de barbarie, usurpation d'identité, complicité et usage de faux en écriture publique authentique, ainsi que faux dans un document administratif. Il a nié tous les faits en bloc, au grand désarroi des proches de la victime, qui ont fait le déplacement de Genève à Diourbel. Le suspect jure qu'il vivait le parfait amour avec sa «douce Valentina».

Publicité

Pour expliquer sa mort, il raconte qu’ils ont été agressés au détour d'une ruelle, alors qu'ils rentraient d'une soirée arrosée. Les coupables seraient donc des dealers à qui la jeune femme devait d'importantes sommes d'argent pour l'achat de drogue dure. Il a admis avoir quitté les lieux en courant, comme l'ont décrit les témoins, mais a affirmé l'avoir fait pour sauver sa vie. «Monsieur le juge, ce sont des dealers de drogue qui ont tué ma Valentina. J'étais certain que personne n'allait me croire, c'est exactement pourquoi j'ai fui jusqu'au Sénégal», a-t-il ajouté.

Pas du tout convaincu par la version de l'accusé, le procureur a requis contre lui la peine maximale, à savoir la réclusion criminelle à perpétuité. «Djiby Bâ, alias El Hadj, n'éprouve le moindre remord ni la moindre once de compassion à l'égard de la victime qui l'a accueilli, logé et nourri pendant une longue période à Genève», a chargé le procureur. À la suite du procureur, l'avocat de la partie civile, représentant la famille de la victime, a réclamé un milliard de francs CFA de dommages et intérêts.

Les avocats de la défense ont plaidé l'acquittement à titre principal et, à titre subsidiaire, une application extrêmement bienveillante de la loi pénale. Après en avoir délibéré, la Chambre criminelle du tribunal de grande instance de Diourbel a reconnu Djiby Bâ, alias El Hadj Sow, coupable de tous les chefs d'accusation et l'a condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, qu'il purgera à la maison d'arrêt et de correction de Diourbel, ainsi qu'au paiement d'un milliard de francs CFA de dommages et intérêts.

Publicité