A. Sy risque la prison à perpétuité. Jardinier résidant à Saly, il est détention depuis avril 2021 pour le meurtre de Silvia M., épouse de son voisin, décédée des suites d’une violente agression. Les faits ont eu lieu à Saly Niakh Niakhal. Le 5 avril 2021, Silvia M. ne rentrera plus chez elle. Victime d’une agression barbare perpétrée par «trois hommes dont l’un était vêtu d’un pantalon rouge», selon son témoignage repris par L'OBS, Silvia rend l’âme dès sa dernière confession faite à son mari, T. Koné, à l’hôpital Mouhamadoul Mansour Barro.
Ce dernier, accompagné d’un ami, se rend au commissariat pour informer les enquêteurs. Puis, fort de la confidence de sa défunte épouse, T. Koné écume les bars et autres restaurants situés aux alentours du lieu du crime à la recherche des présumés agresseurs de sa femme. Dans sa quête, il est côtoyé par A. Sy, un jardinier qui lui livre des informations de taille. Selon son témoignage, M. Thiam et C. Fall qu’il décrit comme des délinquants notoires et très redoutables seraient les présumés agresseurs et meurtriers de sa femme. Coopératif, il revient sur l’agression dans les moindres détails insistant sur le fait que Silvia aurait été sauvagement battue avant de se voir soutirer son sac à main.
Lui serait au fait de l’agression pour avoir surpris une discussion et le partage du butin entre les deux présumés meurtriers dans un bar. Pensant avoir dénoncé les présumés meurtriers et s’en tirer à bon compte, A. Sy sera surpris par sa convocation à la police. Là, devant les limiers, il est revenu sur son témoignage, allant jusqu’à confier aux policiers des détails du crime que seuls les policiers et les médecins détiennent. Des détails qui vont l’enfoncer et le mener tout droit à la Mac de Mbour.
Vendredi 19 octobre dernier, soit cinq ans plus tard, A. Sy a comparu devant la chambre criminelle. Niant toute implication dans le crime, il admet bien connaître M. Thiam et C. Fall, actuellement en cavale et se défend d’être leur complice. «Si j’ai dénoncé ces deux jeunes hommes, c’était pour venir en aide à T. Koné qui est un voisin. Car j’ai l’intime conviction que ce sont eux qui ont agressé sa femme pour avoir surpris leur conversation derrière le bar alors qu’ils se partageaient le butin. Je n’ai jamais agressé encore moins tué Silvia», confie-t-il.
Mais, pour le procureur, A. Sy est bel et bien le troisième larron de la bande meurtrière. Précisant qu’A. Sy est le seul à détenir les détails du crime confiés par Silvia sur son lit de mort, il a requis la réclusion criminelle à perpétuité. Le délibéré est fixé au 20 novembre prochain.