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Le président de la Fédération sénégalaise de football dans la tourmente

Entre une élection contestée devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) et une procédure disciplinaire ouverte par la CAF à la suite de ses propos sur la finale de la CAN, Abdoulaye Fall, le nouveau patron du football sénégalais est dans l'oeil du cyclone.
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Le président de la FSF Abdoulaye Fall est sur deux fronts simultanés,. Il devra se laver des soupçons de corruption portés par son principal concurrent lors de la dernière Assemblée générale élective, mais aussi étayer ses allégations envers l’instance dirigeante du football africain, jugées d’une «gravité extrême» par la CAF. C’est lors d'une journée d'hommage à Bambey, fin janvier 2026, que Abdoulaye Fall a allumé la mèche. Alors qu'il magnifiait le triomphe de l’équipe nationale, il a fustigé l'influence de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) sur les instances continentales. «Le Maroc tient la CAF, ils décident de tout», a-t-il lancé, dénonçant une «guerre psychologique» durant la compétition.

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Il a notamment pointé du doigt des failles logistiques, comme cet hôtel bruyant imposé au centre-ville de Rabat à la dernière minute, ou son refus catégorique d’occuper le centre Mohammed VI par crainte d'espionnage technologique : «Une fois dedans, ils savent tout de ton équipe», a-t-il affirmé. Enfin, il a critiqué l’opacité de l’arbitrage, la désignation de l’officiel de la finale n'ayant été communiquée que quelques heures avant le coup d'envoi.

Cette offensive n'est pas restée sans réponse. Le «Club des Avocats au Maroc» a déposé plainte devant le jury disciplinaire de la CAF et la commission d'éthique de la FIFA pour «propos diffamatoires». La CAF s’était toutefois déjà autosaisie du dossier, s'appuyant sur des coupures de presse pour saisir sa commission de discipline. Les poursuites ont été notifiées au président de la FSF il y a un peu plus d’une semaine. Selon des sources de L’Observateur, Abdoulaye Fall prépare activement sa défense en rassemblant des preuves «bien documentées».

Procédure disciplinaire à la CAF

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Le retard de la procédure s’expliquerait, selon nos sources, par la coïncidence avec l’appel du Maroc lié aux événements de la finale, mais aussi par un souci d’équité. Au sein de la CAF, des voix s’élèvent pour réclamer des poursuites similaires contre Samir Sobha. Le président de la Fédération mauricienne et membre du comité exécutif de la CAF a en effet tenu des propos jugés plus graves que ceux de Fall : «Le Maroc a été volé. [...] Je demande à la Fédération marocaine de nous pardonner pour l’injustice faite... Les règles n’ont pas été respectées», a-t-il déclaré dans les colonnes du Guardian. «Si la CAF décide de poursuivre Abdoulaye Fall, elle se doit de le faire pour Samir Sobha», estime une source interne.

Mady Touré le traine au TAS

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Pendant qu'il ferraille à l'international, Abdoulaye Fall doit surveiller ses arrières à Lausanne. Le TAS instruit actuellement le recours déposé par le camp de Mady Touré suite au scrutin d'août 2025. Selon nos informations, l’audience se tiendra la semaine prochaine, le 10 mars. Les accusations sont lourdes : le camp du président de Génération Foot évoque une «corruption systémique» et des achats de voix à grande échelle (victoire par 322 voix contre 30).

Des délégués auraient été contraints de photographier leur bulletin dans l'isoloir pour prouver leur vote en échange de commissions, violant ainsi le secret du scrutin. Une anomalie sur le décompte (une voix de trop) est également soulevée. Le clan Touré, persuadé de la solidité de son dossier, estime avoir apporté des «preuves tangibles». Le 10 mars, le football sénégalais sera édifié sur son avenir, à seulement trois mois de la Coupe du Monde. C’est sur ces deux fronts que Abdoulaye Fall devra batailler pour sauver son honneur et sa légitimité.

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