Le TER file jusqu'à l'AIBD, mais qui financera la suite ?
Le rail rejoint enfin les pistes. Lundi, le chef de l'État procédera à l'inauguration officielle de la section Diamniadio-AIBD du Train express régional, seconde phase d'un projet lancé sous l'administration précédente. La première liaison, entre Dakar et Diamniadio, roulait déjà depuis 2021. Ce nouveau tronçon de dix-neuf kilomètres entrera en service le jour même de la cérémonie, selon les informations de SenePlus.
L'enjeu dépasse la seule performance technique. L'aéroport, situé à une cinquantaine de kilomètres du centre-ville, restait jusqu'ici accessible essentiellement par route, dans une circulation que les habitués de l'axe qualifient rarement de fluide. Relier l'AIBD par le rail répond ainsi à une attente formulée depuis l'ouverture de la plateforme aéroportuaire, aussi bien pour les voyageurs que pour les milliers de salariés qui y travaillent au quotidien.
Le journal Le Soleil place toutefois l'événement dans une perspective plus large que la seule mise en service. Il indique qu'une extension vers Mbour est d'ores et déjà à l'étude, ce qui laisse penser que la cérémonie de lundi pourrait aussi servir de tribune pour des annonces sur l'avenir du réseau ferroviaire régional. Ni SenePlus ni Le Soleil ne précisent en revanche les tarifs applicables sur ce nouveau tronçon, ni les fréquences de passage prévues.
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Reste une question de fond, que l'enthousiasme de l'inauguration ne dissipe pas : celle de l'équilibre financier du TER. Depuis son lancement, le projet a régulièrement suscité des débats sur l'écart entre les projections de fréquentation et la réalité de son exploitation. Le flux de passagers vers un aéroport, par nature moins régulier que celui des navetteurs du quotidien, pourrait redessiner ce modèle économique sans nécessairement le consolider. Et si l'hypothèse d'une ligne vers Mbour se confirme, la question de son financement et des modalités de gouvernance qui l'accompagneront reste, à ce stade, entièrement ouverte.