Mbour :un ancien ambulancier pratiquait pendant 8 ans des avortements clandestins dans un appartement
Le faux médecin, A. Z. Diallo et son codétenu, M. Ba ont été jugés hier mardi par le tribunal de grande Instance de Mbour. Pendant huit années, A. Z. Diallo un ancien ambulancier, licencié de la clinique «Urgences 24» de la Petite-Côte, et infirmier stagiaire de la clinique «Asta Seck», s’adonnait, illégalement à l’exercice de la profession de médecin. Familièrement appelé «Dr Diallo» par ses patients et autres proches connaissances, le faux médecin pratiquait des interruptions volontaires de grossesses sur certaines femmes qu’il recevait en catimini dans son appartement sis dans une célèbre résidence de la station balnéaire.
Tout est parti, selon L'OBS, d’une dénonciation d’un vaste réseau de trafic de crack entre Dakar et Mbour signalé aux gendarmes de la brigade de recherches de Saly, le 11 juin 2026. A. Z. Diallo et son acolyte, M. Ba, établi à Dakar seraient les cerveaux. Après l’exploitation de cette information suivie de l’ouverture d’une enquête, les gendarmes organisent une descente nocturne à l’appartement de Diallo. Sur place, les pandores trouvent A. Z. Diallo et son ami M. Ba en pleine consommation de crack, ramené de Dakar par M. Ba. Mais l’attention des pandores sera attirée par la présence d’une femme allongée sur un lit en train de se faire perfuser par «Dr Diallo», dans une des chambres. Elle venait de subir un avortement provoqué par ce dernier.
Les pandores décident alors de procéder à la perquisition de l’appartement. La pêche sera fructueuse. Dans ses affaires, les enquêteurs découvrent un impressionnant arsenal de produits liés à l’exercice de la médecine. Ainsi, 12 boîtes vides de Misodia, un oxymètre de pouls, des médicaments pour avortement et un oxy-one, une blouse blanche floquée à l’enseigne de la clinique «Urgences 24», des cachets de médecin de la même clinique et d’une autre clinique dénommée «Asta Seck» et portant l’estampille du Dr Aliou Gaye ont été trouvés sur place. Ces objets ont été dérobés par A. Z. Diallo durant un stage de 6 mois, en 2025, dans cette clinique.
Munis de tous ces matériels, les deux acolytes sont conduits sous bonne escorte dans les locaux de la brigade. Au terme de leur garde à vue, ils ont été déférés plus placés sous mandat de dépôt. Hier, devant le juge du tribunal de grande Instance de Mbour, les deux hommes sont revenus sur le film de leur arrestation. M. Ba nie toute implication dans les activités médicales illicites de son codétenu, arguant que leur collaboration se limite au trafic et à la consommation de drogue dure. Prenant la parole, A. Z. Diallo tente de nier les faits avant de se perdre dans sa défense, avouant avoir, durant 8 ans, effectué des avortements clandestins dans son appartement pour certaines de ses patientes dont la plupart étaient ses petite-amies.
Interrogée, la directrice de la clinique «Urgences 24» qui s’est constituée partie civile, a révélé qu’A. Z. Diallo n’était qu’un ambulancier qui a travaillé entre 2018 et 2021 dans sa clinique, avant d’être licencié pour des faits similaires. Une pratique qu’il a continuée après son licenciement dans son appartement. S. Dacosta, responsable de la clinique «Asta Seck», confie qu’A. Z. Diallo a brusquement mis fin à son stage après qu’on lui a demandé, en 2025, de présenter un diplôme. Le procureur qui a fustigé le comportement des deux prévenus a requis une peine d’emprisonnement de 2 ans ferme à leur encontre. Le délibéré est fixé au 30 juin prochain.