Le Tribunal de grande instance de Mbour, sur la Petite-Côte, a rendu son verdict dans une affaire de vol impliquant un quinquagénaire et un jeune travailleur du secteur informel. S. Ba, 54 ans, a été condamné à trois mois d’emprisonnement ferme pour avoir soustrait frauduleusement la somme de 40 500 francs CFA à un jeune vendeur de foin. Les faits remontent à plusieurs jours auparavant. Selon les éléments du dossier relayés par L’Observateur, le mis en cause s’était présenté à la victime comme un professionnel du milieu et un acheteur potentiel.
Après avoir gagné sa confiance, il l’a conduit devant une école privée, prétendant y exercer une activité. Sur place, S. Ba a simulé une urgence financière, affirmant détenir des billets en euros qu’il comptait changer ultérieurement. Convaincu par ce discours et rassuré par l’attitude de son interlocuteur, le jeune charretier a remis l’intégralité de sa recette journalière. Une fois l’argent en main, le quinquagénaire a pris la fuite, laissant la victime désemparée. Cette dernière a aussitôt alerté les forces de l’ordre, ce qui a conduit à l’arrestation du suspect quelques jours plus tard à Malicounda. À la barre, S. Ba a reconnu les faits.
Il a expliqué avoir agi sous la pression de difficultés financières, affirmant vouloir régler les frais de scolarité de son fils inscrit dans l’établissement devant lequel le vol a été commis. Tentant de minimiser son geste, il a nié toute intention de fuite, soutenant qu’il cherchait simplement de la monnaie, avant d’évoquer une prétendue influence mystique pour justifier son comportement. Des arguments qui n’ont pas convaincu le tribunal. Le parquet a rappelé avec fermeté que la précarité, aussi réelle soit-elle, ne saurait justifier un acte de vol, a fortiori au détriment d’un jeune travailleur vivant de son labeur quotidien. En plus de la peine de prison, le prévenu a été condamné à rembourser la somme dérobée et à verser 20 000 francs CFA à titre de dommages et intérêts à la victime.