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L’entêtement de Pape Thiaw sur ses choix tactiques et à son onze de départ avec ses cadres vieillisants compromet les chances de qualification des Lions de la Teranga pour les 16e de finale du Mondial 2026.
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Si le Sénégal est champion d'Afrique, l'équipe n'est pas plus sereine lors de ce Mondial 2026. Comme lors de la Can au Maroc, Pape Thiaw n'a pas encore trouvé la bonne formule. Longtemps salué pour son charisme, sa proximité avec les joueurs et sa capacité à insuffler un nouvel élan aux «Lions», Pape Thiaw fait aujourd'hui face à une vague de critiques. Au cœur des débats : son entêtement présumé dans ses choix tactiques et humains, malgré des résultats qui peinent parfois à lui donner raison. Depuis sa prise de fonction, le sélectionneur national a affiché une ligne directrice claire : faire confiance à son groupe et maintenir une certaine continuité. Une philosophie qui lui a valu des succès, mais qui suscite désormais des interrogations. Plusieurs observateurs lui reprochent de s'accrocher à certains cadres et à des schémas de jeu qui montrent leurs limites face à des adversaires de haut niveau.

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Pape-Thiaw
Pape-Thiaw

Les critiques se sont intensifiées après les récentes contre-performances du Sénégal sur la scène internationale (Deux défaites pour autant de sorties lors de cette Coupe du monde). Malgré les avertissements de certains consultants et anciens internationaux, Pape Thiaw est resté fidèle à ses convictions. Face aux critiques, Pape Thiaw n'a jamais donné l'impression de vouloir changer de cap sous la pression. Il continue de défendre ses choix, estimant qu'ils s'inscrivent dans un projet à long terme. Une posture qui peut être perçue comme du courage ou de l'obstination, selon le camp dans lequel on se situe. La patience des supporters sénégalais commence à s'effriter. Après les récentes contre-performances des «Lions», une question revient avec insistance : pourquoi Pape Thiaw persiste-t-il dans des choix qui montrent pourtant leurs limites ?

«Un manque de respect»

Le football moderne ne pardonne pas l'immobilisme. Les grandes équipes gagnent parce qu'elles savent s'adapter. En continuant à reproduire les mêmes schémas, malgré les avertissements du terrain, Pape Thiaw prend le risque de transformer une mauvaise passe en véritable crise sportive. Entre choix tactiques contestés, gestion des temps faibles et manque de réactivité en cours de match, plusieurs observateurs estiment que certaines décisions du technicien sénégalais ont pesé sur les performances des Lions. Face à la France puis contre la Norvège, le Sénégal a affiché les mêmes faiblesses : une défense vulnérable, des difficultés à réagir tactiquement, lorsque l'adversaire prend le dessus et des changements jugés tardifs par de nombreux observateurs. Le plus inquiétant n'est pas seulement la défaite, mais l'impression que les leçons ne sont jamais tirées.

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Après le revers contre la France, Pape Thiaw avait reconnu le manque d'efficacité et certaines erreurs défensives. Pourtant, face à la Norvège, les mêmes problèmes sont réapparus, plongeant le Sénégal dans une situation très délicate dans cette Coupe du monde. Ancien entraineur du Cneps Excellence de Thiès, Gaoussou Dramé, interrogé par L'OBS, ne fait pas dans la langue de bois. «A la limite, je dirais qu’il ne respecte pas les Sénégalais, parce qu’il ne peut pas mettre les mêmes joueurs qui ont joué contre la France. Nous savons tous que l’équipe a des problèmes, surtout au niveau du choix des hommes et au niveau de l’évolution du niveau tactique. On pensait qu’il allait rectifier le tir pour ce deuxième match. Mais il est revenu avec le même dispositif, les mêmes hommes, parce qu’il manque de considération à l’encontre de la population sénégalaise. Il s’entête à le faire», regrette Gaoussou Dramé.

Plusieurs observateurs ont notamment pointé un manque de réactivité du sélectionneur durant les moments clés des rencontres. Les Sénégalais ont ensuite payé cash leurs erreurs techniques et leurs pertes de balle dans leur propre moitié de terrain, permettant aux Français de faire la différence après la pause. Nombreux sont ceux qui estiment que l’entêtement de Pape Thiaw coûte cher à l'équipe nationale. Certains supporters lui reprochent notamment de continuer à faire confiance à des joueurs en difficulté, alors que d'autres solutions existent. «Si on gagne un tournoi avec beaucoup de rigueur, on n’a plus le droit de faire certaines choses. On avait une équipe à la CAN qui avait une personnalité. On ne pouvait pas s’attendre à perdre à ce niveau dans ces deux matchs. Quand on regarde les rapports de force, l’adversaire n’était pas meilleur que nous», indique Alphousseyni Badji, ancien entraîneur de l’US Ouakam. 

Mané, Gana et Koulibaly, des cadres décadrants

Les critiques se concentrent également sur ses choix d'hommes. Malgré les difficultés observées lors du premier match, le sélectionneur a maintenu une grande partie de son dispositif, sans apporter les ajustements attendus surtout, lorsque la France a commencé à prendre le contrôle du milieu de terrain. Les changements opérés n'ont pas permis d'enrayer la montée en puissance des Bleus, qui ont exploité les espaces laissés par les «Lions». A la surprise générale, Pape Thiaw a titularisé une seconde fois Kalidou Koulibaly qui avait pourtant montré ses limites lors du premier match. Un choix que l’ancien entraîneur de Cneps Excellence ne comprend pas. Pour Gaoussou Dramé, le sélectionneur des «Lions» a parfois manqué de poigne.

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«L'entraîneur doit savoir que ces gens ne sont pas prêts pour faire 90 minutes. Que ce soit Gana Gueye, Koulibaly, Sadio Mané ou Pape Gueye, ils ne sont pas aptes à jouer 90 minutes. Je pense qu’il n’a pas non plus la poigne qu’il faut pour pousser ces joueurs à s’impliquer dans le jeu ou bien à se surpasser. Actuellement, on a l'impression que nos cadres jouent à leur guise. Gana Gueye qui se permet de faire du n’importe quoi jusqu’à perdre un ballon qui va nous coûter un but. Koulibaly qui n’est pas prêt physiquement et qui dégarnit son axe central pour aller porter le danger devant l’équipe adverse. L'entraîneur a manqué de poigne de les rappeler à l’ordre», dit le technicien sénégalais.

Pour Alphousseyni Badji, ancien entraîneur de l’US Ouakam, Pape Thiaw devait prendre ses responsabilités pour sortir certains cadres. «Il devait faire entrer Pathé Ciss à la place Koulibaly dès le début de la deuxième mi-temps. Au-delà d’être polyvalent, Pathé est compétitif. C’est ce qui a manqué à Koulibaly. La première erreur de Pape Thiaw c’est d’avoir reconduit Kalidou Koulibaly, parce qu’il était notre principal problème», reconnaît Alphousseyni Badji. Au-delà des aspects tactiques, la gestion psychologique de l'équipe est également interrogée. Lors des moments difficiles, les «Lions» ont semblé manquer de sérénité et de maîtrise collective. Le sélectionneur devra rapidement corriger ces lacunes pour éviter que ces mêmes erreurs ne se répètent lors des prochaines échéances.

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