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Lors d’une audience au Palais de la République abec 306 maires, Président Diomaye Faye a annoncé la création de son futur parti politique.
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Après s'être séparé de Ousmane Sonko à la Primature, Bassirou Diomaye Faye s'affranchit de Pastef. En recevant 306 maires au Palais de la République, le chef de l'Etat a annoncé qu'il va lancer un grand parti présidentiel pour préparer les prochaines échéances électorales. «Il y a 338 maires qui nous ont rejoints. Avec une vingtaine d’absents, 306 maires étaient présents dans la salle. La rencontre devait se tenir il y a plus d’un an, comme souhaité par le Président Diomaye. La situation politique qui prévaut ces dernières semaines a accéléré les choses», souffle à L'OBS une source qui a assisté à la rencontre. 

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Pas de fusion-absorption

La grande particularité de cette future formation réside dans son architecture interne. Contrairement au schéma classique de la fusion-absorption, un modèle incarné par le passé par le parti Pastef, le nouveau parti présidentiel mise sur une approche novatrice. «Il n’y a pas de parti préexistant qui va absorber les autres, tout le monde sera membre fondateur», confie à L'OBS une source au cœur des discussions. Cette stratégie vise à garantir une «égale dignité» à tous les militants, qu'ils soient de la première heure ou ralliés de fraîche date. Le Président Faye, ne disposant pas de parti propre en dehors de sa coalition de rechange, offre ainsi une place de choix à tous ceux qui accepteront de bâtir ce projet à ses côtés.

L'autre fait marquant de la rencontre est l’ancrage territorial, sur lequel le Président Diomaye a longuement insisté. Les maires, pour la plupart arrivés à la tête des collectivités territoriales grâce à leurs propres listes et loin de l’influence des grands partis traditionnels, constituent le véritable poumon politique du pays. Le Président Faye a été on ne peut plus clair sur son objectif : sanctuariser cet ancrage local. Le but ultime de ce nouveau parti sera de sécuriser la réélection de tous les maires ayant choisi de rejoindre le nouveau parti présidentiel. Un débat intense a d'ailleurs animé les discussions pour savoir si ces nouveaux venus obtiendraient automatiquement l'investiture sous la nouvelle étiquette. La réponse du Président fut affirmative.

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DIOMAYE A VOTE NDIAGANIAO
DIOMAYE A VOTE NDIAGANIAO

Mimi Touré va diriger la "Task-force"

Pour transformer cette ambition en réalité dans des délais extrêmement serrés, le chef de l'État a sorti sa carte maîtresse. Il a officiellement instruit Aminata "Mimi" Touré, figure de proue de la coalition, de mettre sur pied une «Task-force» stratégique. La mission confiée à l'ancienne Première ministre est colossale et doit être exécutée à un rythme effréné. Elle doit formuler des propositions concrètes sur les termes de référence du parti. «Le Président a demandé à Mimi Touré de lui faire des propositions sur le choix du nom de la future formation, la rédaction des textes fondamentaux et de la charte éthique, l'identité visuelle (le logo et le code couleur)», rapportent des sources du journal.

Si le Président qui a dit à ses invités être soucieux de démarches démocratiques, refuse de précipiter le débat, l'urgence du calendrier impose une cadence stricte. Dans les coulisses de la réunion, plusieurs voix ont poussé pour que les conclusions de la Task-force soient rendues avant la fin de ce mois de juillet, mais le Président a demandé à ce que des discussions soient faites de manière élargie. Cette ouverture suscite déjà des mouvements internes : la formation ‘’Awalé’’, par exemple, s'apprête à convoquer une Assemblée générale extraordinaire pour consulter sa base et formaliser son intégration dans cette aventure.

Senegalese President Bassirou Diomaye Faye. [Getty Images]
Senegalese President Bassirou Diomaye Faye. [Getty Images]
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Le projet doit toutefois faire face à un obstacle de taille : le nouveau cadre juridique sénégalais. La récente réforme des partis politiques a considérablement durci les conditions et rallongé les délais de création de nouvelles entités juridiques. Pour parer à cette contrainte de temps et éviter l'enlisement administratif, une option pragmatique a été soumise au président de la République, selon toujours les mêmes sources. «On a proposé au Président d’utiliser et transférer le récépissé officiel de l’un des partis déjà légalement constitués au sein de la coalition existante. Une astuce légale qui permettra au parti présidentiel de naître sans attendre», affirment nos sources.

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