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Pourquoi votre smartphone peut provoquer vertiges et nausées

Maux de tête, étourdissements, nausées persistantes… Ces symptômes, longtemps associés au mal des transports ou à la réalité virtuelle, touchent désormais des utilisateurs ordinaires de smartphones. En cause : la cybercinétose, un trouble émergent lié à l’exposition prolongée aux écrans, de plus en plus étudié par les chercheurs.
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Le numérique pourrait-il rendre physiquement malade ? C’est la question que soulève un article publié par National Geographic le 2 novembre 2025, mettant en lumière une affection encore méconnue du grand public : la cybercinétose. Ce trouble, proche du mal des transports, se manifeste par des vertiges, des nausées, une désorientation ou une fatigue intense, sans qu’aucun déplacement réel n’ait lieu.

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Traditionnellement, la cinétose survient lorsqu’un décalage apparaît entre ce que perçoivent les yeux et ce que ressent le système vestibulaire, situé dans l’oreille interne. Dans une voiture ou un bateau, le corps sent le mouvement tandis que le regard reste fixe. Avec les écrans, le phénomène s’inverse : les yeux sont soumis à des mouvements constants défilement de contenus, vidéos, animations alors que le corps demeure immobile. Selon Eugene Nalivaiko, professeur à l’université de Newcastle, « d’un point de vue clinique, il n’existe aucune différence entre la cinétose et la cybercinétose : les symptômes sont identiques ». Une affirmation qui confirme que ce mal n’est pas seulement psychologique, mais bien physiologique.

Les recherches relayées par National Geographic, notamment celles de Kay Stanney, spécialiste des interactions homme-machine, montrent que la cybercinétose ne concerne plus uniquement les adeptes de la réalité virtuelle. Une utilisation intensive du smartphone, parfois dix à douze heures par jour, suffit à déclencher ces troubles. Plusieurs témoignages viennent appuyer ces constats scientifiques. Sarah Colley, utilisatrice régulière d’écrans, a dû s’arrêter de travailler pendant plusieurs jours tant les nausées étaient devenues invalidantes. De son côté, Jack Riewe, jeune écrivain à Seattle, a longtemps cru souffrir d’une infection avant de comprendre que ses vertiges et son malaise étaient liés à une surconsommation d’écrans durant la pandémie.

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L’arrêt temporaire du smartphone et le retour à la lecture sur papier ont suffi à faire disparaître les symptômes. Les scientifiques expliquent que la cybercinétose apparaît lorsque le cerveau perd ses repères de stabilité. Allongé, dans une pièce sombre, le téléphone tenu près du visage, l’organisme est privé de références visuelles fixes comme les murs ou le sol. « Être couché est probablement l’une des pires positions », souligne Kay Stanney, car le système vestibulaire y est particulièrement vulnérable. Face à ce phénomène, des gestes simples peuvent toutefois limiter les effets : éloigner l’écran du visage, utiliser son téléphone dans un environnement bien éclairé, ralentir le défilement des contenus, faire des pauses régulières et varier les supports visuels.

Une marche à l’extérieur ou un moment sans écran permet souvent de rétablir l’équilibre. Au-delà de l’inconfort physique, la cybercinétose interroge notre rapport au numérique. Pour les chercheurs, il pourrait s’agir d’un signal d’alarme envoyé par le corps face à une surconnexion prolongée. Un rappel que l’organisme humain n’est pas conçu pour évoluer en permanence dans un univers virtuel. Alors que les études se poursuivent pour concevoir des interfaces plus respectueuses du cerveau, un constat s’impose : face aux écrans, le corps finit par dire stop. Et parfois, la meilleure solution reste simplement… de déconnecter.

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