La province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, a de nouveau été le théâtre de violences meurtrières. Selon des sources locales et sécuritaires, au moins 69 personnes, en majorité des civils, ont été tuées fin avril lors d’une attaque menée par la milice Codeco dans le territoire de Djugu. D’après plusieurs témoignages concordants, ces violences font suite à une attaque préalable revendiquée par la Convention pour la révolution populaire (CRP) contre des positions des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), aux environs de Pimbo.
En représailles, des éléments de la milice Codeco auraient ciblé plusieurs localités de la zone le 28 avril. « Le bilan provisoire fait état de plus de 70 personnes tuées », a indiqué Dieudonné Losa, évoquant une situation dramatique sur le terrain. Une source sécuritaire a pour sa part confirmé un bilan d’au moins 69 morts, incluant des civils, mais aussi des miliciens et des militaires. L’insécurité persistante dans la région a considérablement ralenti les opérations d’inhumation. Selon les acteurs locaux, seuls 25 corps ont pu être enterrés à ce stade, tandis que plusieurs dépouilles restaient encore abandonnées, notamment près du village de Bassa, l’une des zones les plus touchées. Face à cette situation, la mission de maintien de la paix de l’Organisation des Nations unies a indiqué avoir protégé près de 200 personnes prises sous le feu lors des affrontements survenus après l’attaque de Pimbo.
Ces violences s’inscrivent dans un contexte de tensions communautaires récurrentes entre les communautés Lendu et Hema, que la milice Codeco affirme défendre. L’association Ente a dénoncé un « massacre » et appelé à éviter toute représailles, dans un climat déjà marqué par une forte instabilité. Depuis le début de l’année 2025, la région connaît une recrudescence des violences liée notamment à la réapparition de la CRP, un groupe armé associé à Thomas Lubanga. Les affrontements entre groupes armés, milices communautaires et forces régulières continuent d’exposer les populations civiles à de graves exactions. Par ailleurs, d’autres groupes armés, dont les Allied Democratic Forces (ADF), affiliés à l’organisation État islamique, poursuivent leurs attaques dans la région, aggravant une crise sécuritaire déjà préoccupante. Selon le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires, la province de l’Ituri compte près d’un million de déplacés internes, illustrant l’ampleur de la crise humanitaire qui frappe cette partie du pays.