Sénégal : des organisations féminines dénoncent la faible présence des femmes dans le nouveau gouvernement
Dans un communiqué daté du 2 juin 2026, l’AWLN Sénégal (African Women Leaders Network) exprime sa « vive préoccupation » face à la faible représentation des femmes au sein du Gouvernement de la République du Sénégal. Sur les trente (30) ministres nommés, seules quatre (4) femmes figurent dans l’équipe, dont deux ministres déléguées. L’organisation souligne également qu’aucune femme ne dirige un ministère de souveraineté, qualifiant ce chiffre d’« alarmant ».
Selon l’AWLN Sénégal, cette situation ne reflète ni le niveau de compétence ni l’expertise des femmes sénégalaises, pourtant présentes dans tous les secteurs de la vie nationale. Alors qu’elles constituent près de la moitié de la population et jouent un rôle déterminant dans le développement économique, social et politique du pays, leur présence dans les instances de décision demeure « largement insuffisante ». Dans un autre communiqué conjoint, des organisations féministes sénégalaises déplorent également cette sous-représentation, évoquant « seulement 4 sur 30 nominations ». Elles rappellent que, dans les précédents gouvernements, la place des femmes était déjà limitée, avec 4 femmes sur 34 postes. Une situation jugée « dérisoire » dans un pays où les femmes représentent 49,4 % de la population. Les organisations relèvent par ailleurs une contradiction entre les engagements pris par le président Bassirou Diomaye Faye en faveur de « l’égalité parfaite entre les sexes » et la composition actuelle du gouvernement.
Elles estiment que les récentes nominations ne sont pas à la hauteur des promesses faites concernant l’accès des femmes aux postes de décision. Les signataires avertissent que cette sous-représentation fragilise la crédibilité des discours officiels et la confiance des citoyens dans la volonté politique de promouvoir l’égalité. Elles appellent ainsi à traduire les engagements en actes concrets, à travers des mesures législatives et institutionnelles garantissant une participation équitable des femmes. Parmi leurs recommandations figurent l’adoption de mesures correctives immédiates pour renforcer la présence féminine dans les postes ministériels et les hautes fonctions publiques, le respect strict de la loi sur la parité, ainsi que la mise en place de mécanismes institutionnels assurant une participation durable des femmes aux processus de décision.
Les organisations appellent également à une réforme juridique ambitieuse, incluant la révision des textes jugés discriminatoires, notamment dans le Code de la famille, le Code pénal et le Code général des impôts. Elles rappellent que l’exclusion des femmes des instances de décision contrevient aux engagements constitutionnels et internationaux du Sénégal, notamment ceux inscrits dans le Protocole de Maputo. Enfin, l’AWLN Sénégal réaffirme sa disponibilité à collaborer avec les institutions publiques et les acteurs de la société civile pour promouvoir un leadership féminin fort et une gouvernance inclusive. « L’avenir du Sénégal ne peut se construire sans la pleine participation des femmes à tous les niveaux de décision », conclut l’organisation.