Un Modou-Modou » menace de tuer toute sa famille pour ingratitude
"Depuis mon retour au Sénégal, ma famille ne m'accorde aucune considération"
Un drame familial a été évité de justesse le jeudi 23 juillet 2026 au domicile du chef de quartier M. Dior, à Joal. Ce vieux retraité et sa famille, qui vivent depuis des décennies dans la localité, ne doivent leur survie qu’à la promptitude des éléments de la Brigade de gendarmerie. À l'origine de la panique : les menaces de mort de l'un des fils de la maison, M.S. Dior, un émigré de retour après dix années passées à l'étranger. Le jour des faits, relate L'OBS, dès son réveil, M.S. Dior commence, comme à son habitude depuis son retour, à proférer des injures contre les membres de sa famille. Il les traite de tous les noms d'oiseaux, les accuse de trahison. «Depuis mon retour au Sénégal, ma famille ne m'accorde aucune considération. Elle prive même mes enfants et mon épouse de nourriture», fulmine-t-il.
"Ma famille prive même mes enfants et mon épouse de nourriture"
Dans un excès de colère, il s'en prend aux affaires personnelles de ses frères et sœurs, sème la pagaille dans la maison. Il crie à qui veut l'entendre que c'est grâce à lui que la famille est devenue ce qu'elle est aujourd'hui. «Je suis le seul à avoir construit un toit pour les miens, grâce à mes économies réalisées en Europe après des années de dur labeur», martèle-t-il. Mais désormais sans le sou, il se dit jeté dans l'indifférence totale. Il accuse notamment l'une de ses sœurs de l'avoir mis en mal avec un ami français pour qui il devait travailler. Il somme aussi son grand frère, S. Dior, de quitter le bâtiment familial, qu'il présente comme sa seule réalisation.
«J'ai tout fait durant des années pour cette famille»
Le conflit prend une tournure dramatique lorsque M.S. Dior s'arme d'un couteau et menace publiquement de tuer tous les membres de sa famille. Tel un animal blessé, il refuse de s'arrêter. Injures à la bouche, il sectionne le séchoir sur lequel sa belle-sœur venait d'étaler ses habits. Il tente d'y mettre de l'essence avant de menacer d'incendier ces vêtements ainsi que la maison familiale. Prenant ses paroles très au sérieux, toute la famille se rassemble dans la cour pour éviter d'être surprise en plein sommeil par leur frère. Face à cette situation explosive, le père se rend aussitôt à la gendarmerie de Joal où il raconte leur mésaventure au Commandant de brigade. L'émigré est alors arrêté et placé sous mandat de dépôt à la Maison d'arrêt et de correction de Mbour.
Mardi, devant la présidente du Tribunal de grande instance, le mis en cause reconnaît sans détour avoir menacé de mort les membres de sa famille avec une arme blanche. Mais il s'empresse de préciser qu'il ne ciblait pas son père ni sa mère, même s'il les a abreuvés d'injures. Il avoue avoir ordonné à son grand frère de quitter la maison. Dans sa défense, M.S. Dior, toujours en colère, évoque la marginalisation et le manque de considération dont il serait victime, ainsi que son épouse et ses enfants. «J'ai tout fait durant des années pour cette famille», répète-t-il. Le Procureur l'invite à revoir son comportement envers une famille qu'il accuse, sans fondement, d'être à l'origine de son malheur. La partie civile, M. Dior, ne réclame aucune somme d'argent. «Mon seul souhait est qu'il nous laisse tranquilles, dans la plus grande quiétude», confie le vieil homme à la barre.
Lire plus : https://www.pulse.sn/article/joal-une-fillette-de-9-ans-enceinte-apres-un-viol-2024122108492802494
Reconnu coupable, M.S. Dior est condamné à six mois de prison avec sursis. Il promet au tribunal de quitter la maison familiale pour s'installer ailleurs avec sa femme et ses enfants.