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Un réseau de revente de médicaments à Dalal Jamm : le scandale qui secoue l'hôpital

Un vaste trafic de médicaments vient d’être mis à nu au sein de l’hôpital Dalal Jamm. Entre pénuries artificielles et reventes au marché noir, les premières victimes de ce réseau restent les patients, livrés à eux-mêmes face à des coûts exorbitants. Plusieurs interpellations sont attendues dans les prochaines heures.
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  • 300 ampoules de midazolam au cœur d’un troc clandestin

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Le deal a été éventré le lundi 22 septembre 2025 dans les couloirs de la pharmacie hospitalière de Dalal Jamm. Ce jour-là, relate L'OBS, un homme identifié sous le nom de J. M. Faye débarque avec une cargaison de 300 ampoules de Midazolam (5 mg/ml) des laboratoires Aguettant. L'apporteur ne s'en cache pas : les produits proviennent de sa clinique privée et, leur date de péremption étant fixée à octobre 2025 (soit à peine huit jours plus tard), il propose un arrangement à la pharmacienne contractuelle du service. Le deal, prétendument avalisé par le directeur de l'hôpital, le Dr Samba Guèye, est d'une simplicité déconcertante : l'hôpital absorbe son stock presque périmé et, en échange, lui fournit d'autres médicaments commercialisables et de longue conservation.

Face à ce qu'il considère comme un contournement intolérable des procédures réglementaires, le Pr Fall siffle immédiatement la fin de la récréation. Le chef de service refuse le troc, rappelant à l'apporteur les règles d'acquisition publiques, et fait mettre le lot sous consigne provisoire. Pour le professeur universitaire, l'opération est une hérésie: la quantité proposée dépassait largement les besoins de consommation de Dalal Jamm pour les huit jours de vie restants du produit.

  • Preuves effacées, un marché parallèle

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Mais le dossier, loin d’être clos, prend une tournure criminelle le vendredi 26 septembre 2025. Alors que le lot de Midazolam avait été confié à la Cellule de passation des marchés pour être mis en sécurité dans un coffre, les médicaments sont mystérieusement restitués et rendus à l’apporteur, J. M. Faye. Pour l'ex-chef de service, cette décision administrative opaque est un coup de poignard dans l'enquête : elle fait disparaître les pièces à conviction physiques et crée un risque sanitaire majeur de voir ces ampoules hautement sensibles réinjectées dans les circuits des « médicaments de la rue » ou des cliniques clandestines.

Le préjudice n'est plus alors seulement financier. Le Midazolam étant un sédatif puissant utilisé pour plonger les patients de réanimation dans le coma artificiel, nécessite un contrôle drastique de sa traçabilité et de sa conservation. L'administrer sans garantie d'origine revient donc à jouer à la roulette russe avec la vie des malades. Malgré les sommations du Pr Fall pour que l'apporteur ramène le stock, les boîtes sont restées introuvables.

Refusant de voir l'affaire étouffée sous le tapis des arrangements internes, le Pr Ahmedou Bamba Kouéimel Fall a décidé d'employer les grands moyens. En octobre de la même année, il a informé le directeur général de l'Agence de réglementation pharmaceutique, Aliou Abou Talib Diouf par correspondance dans laquelle il annonce aussi la saisine officielle de l’Ordre des pharmaciens, du Syndicat, mais surtout des enquêteurs de la DIC. Le lanceur d'alerte exigeait notamment la mise sous écoute et l’examen des relevés téléphoniques des échanges entre J. M. Faye, la pharmacienne contractuelle et la direction de l'hôpital.

  • Ce que révèle l'enquête

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L'enquête criminelle devait ainsi arracher les masques et déterminer comment une telle quantité de stupéfiants médicaux a pu entrer et sortir d'un hôpital national comme dans un moulin. Mais depuis un an, le professeur Fall observe une mise en sourdine de ce scandale qui éclate ainsi aujourd’hui dans un contexte politique explosif. Depuis plusieurs mois, le député de l'opposition Guy Marius Sagna harcèle le ministre de la Santé par des questions écrites et des interventions directes lors des commissions d'enquête parlementaire à l’Assemblée nationale pour dénoncer la porosité des circuits d'approvisionnement des hôpitaux. Des alertes restées sans aucune réponse de la part des autorités étatiques, laissant planer un lourd nua

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