En l'espace de 48H seulement, une maladie mystérieuse et foudroyante s'est propagée comme une traînée de poudre à Kébémer, infectant simultanément près d’une soixantaine de personnes. Face à ce déferlement de malades présentant un tableau clinique identique et composé d'une forte fièvre, de diarrhées aiguës et de vomissements incoercibles, le centre de santé local s'est retrouvé totalement submergé et pris d'assaut par les familles paniquées. Pour endiguer ce qui s'apparente cliniquement à un début d'épidémie, les autorités médicales ont décrété le confinement strict de tous les patients admis.
Interrogé par L'OBS sur la nature exacte du pathogène, le médecin-chef du district sanitaire de Kébémer, Dr Tahirou Mbaye, a confessé que l'origine de l'affection demeurait scientifiquement inconnue à ce jour. «La situation est sous surveillance étroite, mais nous ignorons encore s'il s'agit d'une intoxication alimentaire de masse, d'une contamination hydrique ou d'un virus hautement contagieux. Des prélèvements biologiques et des analyses de laboratoire ont été lancés en urgence pour identifier le mal», confie-t-il sous le sceau de l'urgence.
Pour un autre épidémiologiste de la région, le doute n'est plus permis : l'apparition simultanée de tant de cas, en un même lieu et en un temps si record, coche toutes les cases d'une épidémie d'envergure. Pour faire face à cette saturation des capacités d'accueil, les blouses blanches se démènent sans relâche, soumettant les soixante contaminés à un traitement de choc intensif pour éviter les cas de déshydratation sévère.
Les mesures de confinement sanitaire ont été durcies autour des salles d'observation afin d'éviter tout risque de fuite ou de contamination aéroportée vers le reste de la population de la région de Louga. Cette chape de plomb médicale alimente malheureusement les spéculations les plus folles dans les artères de Kébémer. Les habitants vivent dans la crainte obsessionnelle d'inhaler le mal ou de consommer de l'eau polluée. Il faut dire que le terrain épidémiologique de la zone est déjà fragilisé : la région de Louga sort à peine d'une rude épreuve sanitaire, après avoir enregistré 47 cas avérés de diphtérie, dont huit s'étaient déclarés au cœur même de Kébémer.