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Produits d’hygiène féminine : quand les protections réutilisables cachent des substances toxiques

Alors qu’elles sont de plus en plus populaires pour des raisons écologiques et économiques, les culottes menstruelles sont aujourd’hui au cœur d’une controverse sanitaire mondiale. Une étude scientifique récente et une affaire judiciaire retentissante aux États-Unis révèlent la présence de PFAS, surnommés « polluants éternels », dans plusieurs marques de protections réutilisables.

Des substances détectées dans 30% des produits testés

Le 22 juillet, une étude menée par l’université de l’Indiana et publiée dans la revue Environmental Science & Technology Letters a analysé 59 produits d’hygiène féminine réutilisables (culottes, serviettes, coupes menstruelles, protections pour incontinence) provenant d’Amérique du Nord, du Sud et d’Europe. Les chercheurs y ont détecté des niveaux significatifs de PFAS dans près de 30% des échantillons, suggérant un ajout intentionnel par les fabricants pour améliorer la résistance aux taches ou prévenir les fuites. Selon la chercheuse Marta Venier, principale autrice de l’étude, ces produits étant en contact prolongé avec la peau, les risques liés à l’absorption cutanée des PFAS restent mal connus, notamment chez les adolescentes et jeunes femmes, plus vulnérables sur le plan hormonal et reproductif.

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Le scandale Thinx : une affaire qui secoue l’industrie

En parallèle, la marque américaine Thinx, l’un des leaders du marché des culottes menstruelles, a été au centre d’un scandale juridique. Tout a commencé en 2020, lorsqu’une journaliste, Jessian Choy, a envoyé un exemplaire de culotte à un physicien, Graham Peaslee (université de Notre Dame), pour analyse. Résultat : la présence élevée de PFAS, alors que la marque clamait que ses produits étaient « biologiques » et « non toxiques ».Suite à une action collective, Thinx a été condamnée fin 2022 à verser 5 millions de dollars d’indemnisation aux consommateurs, sans toutefois reconnaître officiellement sa responsabilité.

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Des protections dites « écolo »

La révélation de la présence de PFAS dans des culottes menstruelles soulève un paradoxe inquiétant : ces produits sont souvent choisis pour leur durabilité écologique, mais leur sécurité sanitaire reste floue. Certaines marques jouent sur des arguments comme « sans plastique » ou « sans perturbateurs endocriniens », mais n’apportent pas toujours de garanties claires concernant les PFAS. Les chercheurs appellent donc à plus de transparence, des réglementations renforcées, et des tests indépendants pour protéger les consommateurs, en particulier les jeunes utilisatrices.

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PFAS : des « polluants éternels » dangereux pour la santé

Les PFAS (per- et polyfluoroalkylées) sont des substances chimiques utilisées depuis les années 1950 pour leurs propriétés anti-taches, imperméables ou résistantes à la chaleur. On les retrouve dans les poêles antiadhésives, les emballages alimentaires… et désormais dans certains textiles hygiéniques. Ces substances sont associées à divers problèmes de santé :

  • troubles hormonaux et thyroïdiens

  • affaiblissement du système immunitaire

  • risques accrus de certains cancers (reins, foie)

  • perturbations de la fertilité et du développement embryonnaire

Le lavage en machine de produits contenant des PFAS libère également ces substances dans les eaux usées, contribuant à leur dissémination.

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SOURCE : PasseportSanté

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