La médiation pénale
Habib Niang, ancien chef du bureau du Cadastre de Guédiawaye et figure politique a bénéficié d’une médiation pénale, mais malgré le versement de 31 millions de FCfa, il reste encore sous le coup de poursuites judiciaires, indique L'OBS. Le procureur du tribunal de Pikine-Guédiawaye, Saliou Dicko, a jugé nécessaire de ne pas desserrer l’étau. En cause, cette affaire d’escroquerie foncière s’avère en effet plus complexe qu’un simple coup monté.
Un ex agent du bureau du Cadastre de Guédiawaye complice
hôpital Pikine
Habib Niang ne serait pas le seul maillon de cette chaîne frauduleuse. Un ancien agent du bureau du cadastre de Guédiawaye (dont L’Observateur a préféré, pour le moment, taire le nom), revient régulièrement dans les deux dossiers en cours. Acteur de l’ombre, il aurait endossé le rôle de complice et de prestidigitateur, donnant à la supercherie une apparence de crédibilité. En activité au moment des faits, il aurait contribué à faire croire à la légitimité des transactions foncières frauduleuses, encaissant une part des sommes détournées, pour lesquelles Habib Niang est poursuivi.
Une complicité en interne qui tend à maintenir la mécanique judiciaire en marche, rendant impossible un arrêt prématuré des poursuites. D’autant plus que ce présumé complice est aujourd’hui introuvable. Officiellement déclaré «en fuite», il est au cœur de l’enquête. Si aucune inculpation formelle n’a encore été prononcée à son encontre avant son arrestation et audition, l’homme en cavale demeure activement recherché. Ce nouveau rebondissement place Habib Niang dans une impasse dont il semble difficile de s’extraire.
Deux plaintes, deux transactions financières
Une mécanique bien huilée, à coups de millions de francs Cfa et d’arrangements sous le regard du procureur de la République de Pikine Guédiawaye. Le premier dossier atterrit sur la table des enquêteurs de la Division des investigations criminelles (Dic) le week-end dernier. Un homme se plaint d’avoir été escroqué par Habib Niang dans une opération immobilière montée de toutes pièces. En clair, il aurait versé 21 millions de francs CFA pour une parcelle qui n’existait pas. Le genre d’arnaque immobilière désormais bien rodée au Sénégal avec des titres fabriqués, des documents convaincants et une signature estampillée du cadastre.
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Convoqué par les enquêteurs, Habib Niang est placé en position de garde à vue. Pour se sortir de ce premier bourbier, il paie cash sa libération. Les 21 millions de francs CFA sont reversés au plaignant. En échange, celui-ci accepte la médiation. La procédure semble alors devoir s’arrêter là. Mais au moment de souffler, le dossier en cache un autre. Une seconde plainte surgit pour des faits similaires. Une autre victime affirme avoir été flouée dans une vente de terrain. Le montant de l’arnaque présumée est estimé à 15 millions de francs Cfa.