Ce lundi, la salle d’audience du tribunal des flagrants délits de Dakar a été marquée par un procès sensible mettant en cause la liberté d’expression et les limites du discours public. Doudou Coulibaly, journaliste, répondait de ses propos tenus lors d’une émission télévisée, où il avait qualifié le président turc Recep Tayyip Erdoğan et, par assimilation, le Premier ministre Ousmane Sonko, de « bandits ». À la barre, le prévenu a contesté toute intention offensante, tout en exprimant ses regrets. Il a expliqué que ses propos relevaient d’une « oralité spontanée » ; « Si c’était de la presse écrite, j’aurais eu plus de recul. Je n’aurais jamais traité un président ou un Premier ministre de bandit. Ce n’était pas prémédité. »
)
Le parquet, jugeant les faits établis, a requis six mois de prison dont trois ferme et une amende de 500 000 FCFA, dénonçant des propos « irresponsables et irrespectueux ». La défense, composée notamment de Me El Hadji Diouf, Aboubacry Barro et Abdou Dialy Kane, a plaidé la clémence et soulevé l’inexistence du délit d’offense à une personne exerçant les prérogatives du président dans le code pénal. Après délibération, le tribunal a rendu son verdict , Doudou Coulibaly a été relaxé pour l’accusation d’offense au Premier ministre sénégalais, mais reconnu coupable d’offense à un chef d’État étranger. Il écope de trois mois de prison avec sursis, une peine assortie d’une mise en garde implicite sur la responsabilité des journalistes dans l’espace public.