La nigériane doit principalement sa nomination à la défaite suite aux élections de l’ex-président des Etats Unis à savoir Donald Trump. Ce dernier était le seul à défendre une autre candidate, la ministre du commerce sud-coréenne, Yoo Myung – Hee. Dès son accession à la tête des USA, Joe Biden s’est rendu à l’avis des autres pays membres pour la soutenir. Un fait plutôt inédit car, l’OMC sera pour la première fois dirigée par une femme qui plus est la première personnalité africaine à prendre les rênes de cette organisation internationale.

Cela aurait pu arriver un plus tôt en 2012, précisément, lorsqu’elle se porte candidate à la présidence de la Banque mondiale devenant ainsi la première femme candidate africaine. A l’époque, elle dispose de soutiens notamment des pays africains et les principaux pays en développement et aussi prestigieux que ceux de « The Economist », du « Financial Times » et du « Monde ». Las de la coutume voulant qu’un américain préside aux destinées de l’institution multilatérale prévaut.

Le parcours riche d’une pionnière

Madame Ngozi Okonjo – Iweala prendra donc fonction ce lundi 1er mars 2021 à une semaine de la célébration de la journée internationale des droits de la femme. Pour rappel, elle est une spécialiste du financement mondial, une économiste et une professionnelle du développement international avec plus de 30 ans d’expérience professionnelle en Asie, en Europe, en Amérique latine et en Amérique du Nord. Elle a aussi exercé à deux reprises les fonctions de ministre des finances dans son pays le Nigéria (de 2003 à 2006 et de 2011 à 2015) et a été brièvement ministre des affaires étrangères en 2006, devenant encore une fois la première femme à occuper ces deux postes. Elle s’est beaucoup illustrée en menant des réformes majeures qui ont amélioré l’efficacité et le fonctionnement de ces deux ministères dans l’appareil gouvernemental. En bonne économiste du développement, elle a engagé son pays dans plusieurs réformes portant aussi bien sur des questions macroéconomiques, commerciales et financières. Elle a eu à monnayer son talent pendant 25 ans en qualité d’économiste du développement au niveau de la Banque mondiale, accédant au poste de numéro 2 en tant que Directrice générale des opérations.

Les attentes autour de madame Ngozi Okonjo dans ce contexte de pandémie de la Covid seront très importantes. La crise a remis en cause les enjeux du commerce mondial et les disparités entre pays riches et pays pauvres. Nul doute que cette élection, surtout à cette période de l’année alliée à l’expertise de cette dame, sont probablement des signaux d’alignement d’une bonne étoile ? L’avenir nous le dira.