Il était une fois… le Sénégal et le Covid

Il y a un an, Idrissa Seck et Ousmane Sonko étaient au palais pour lutter contre le Covid-19.

Ousmane Sonko répond à l'appel du président Macky Sall pour lutter contre la pandémie de Covid-19 en mars 2020

Comme dans un film de science-fiction aux relents de conte de fée, le Sénégal de la politique s’était donné rendez-vous au palais de la république sur invitation du président de la république Macky Sall pour déclarer la guerre à un ennemi commun : le Covid-19. La pandémie commençait à faire des dégâts dans le monde et faisait craindre le pire sous nos cieux. Comme un général de l’armée, le chef de l’état avait réussi à réunir toute une flotte de porteurs de voix, de leaders d’opinion et acteurs politiques autour de cette cause à savoir combattre un ennemi invisible. Ce dernier aussi minuscule soit-il, faisait peur du fait des ravages qu’il pourrait causer à notre stabilité sociale et des désagréments qu’il pourrait aussi provoquer au niveau de notre fragile économie.

Idrissa Seck, « transhume » au nom de la cause nationale

L’ancien premier ministre, jadis plus grand pourfendeur de Macky Sall, a surpris son monde en ce jour de la fête de la Toussaint où les cœurs et les esprits étaient occupés au recueillement. En effet, durant le remaniement ministériel intervenu à ce jour, il fut bombardé à la stupéfaction nationale président du Conseil Economique Sociale et Environnementale – CESE. Il est désormais à la tête d’une institution qui pèse plus de 7 milliards de francs CFA et que, comble de l’ironie, il disait vouloir supprimer dans son dernier programme de campagne. Des élections où il est sorti en troisième position et déclaré « officieusement » chef de l’opposition sénégalaise. Il hérite au passage de deux portefeuilles ministériels. « Après une discussion certains ont convenu que nous devons rester dans l'opposition pour fragiliser le pays. D'autres ont évoqué la nécessité d'accompagner le régime en place face aux urgences du moment. Je respecte le choix et l'intelligence de chacun, mais j'ai choisi le chemin pour redresser notre pays », a dit M. Seck, face à la presse. « Face à toutes ces situations, nous avons décidé de répondre positivement à l'appel du chef de l’État », a-t-il conclu. Pourtant c’est la même personne qui disait ne plus attendre un poste provenant d’un acte nominatif et qu’il ne briguera que des postes électifs et en particulier le fauteuil présidentiel.

Ousmane Sonko « le têtu » emmené devant le juge

Contrairement à Idrissa Seck, monsieur Ousmane Sonko qui joue et assume pleinement le rôle d’opposant radical au régime de Macky Sall avait quant à lui déclaré rejoindre la bataille contre le Covid avec des réserves. Ces dernières s’articulaient autour du contrôle de l’utilisations des moyens et ressources mis à disposition de la lutte dans cette pandémie car, les populations ne devraient nullement être lésées. N’ayant pas les faveurs du régime de Macky Sall et excluant toute collaboration dans la gestion du pouvoir avec ce dernier, Sonko continuait à pleinement jouer son rôle d’opposant. Certains observateurs avaient fini de lui attribuer le « statut de chef de l’opposition » face à la transhumance de monsieur Idrissa Seck. Ousmane Sonko est synonyme d’une ascension fulgurante dans l’échiquier politique du Sénégal. Pour une première participation à une élection présidentielle, il est sorti avec 15,67% des suffrages exprimés. Son attitude « dérange » le pouvoir en place du fait de ses sorties aussi accablantes les unes que les autres. Un an après sa rencontre avec le président Sall au palais de la république, le voici devant répondre au juge ce mercredi 03 mars 2021 pour des faits de viol dans lesquels il est cité. Soutenant mordicus que c’est « un vaste complot orchestré par Macky Sall et son régime pour liquider un adversaire politique », il refuse de déférer à toute convocation sous prétexte que la procédure de levée de son immunité parlementaire n’ait pas été respectée. Cette affaire soulève les passions et les débats en pleine pandémie à l’heure où on parle de « deuxième vague » beaucoup plus meurtrière.

En voilà aujourd’hui où en sont le Sénégal, les sénégalais ainsi que les deux invités d’honneurs du président un an après cette journée symbolique au palais.

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