Gabon : Ali Bongo en résidence surveillée

Les militaires qui tentent de renverser le pouvoir au Gabon ont placé le président Ali Bongo en résidence surveillée et interpellé l’un de ses fils. Ils l’ont annoncé en direct à la télévision d’État.

Ali Bongo Gabon

Son sort était incertain après l’annonce, mercredi matin, par des militaires, de la « fin du régime en place » au Gabon. Le président Ali Bongo Ondimba, dont la réélection avait été annoncée quelques heures plus tôt (avec 64 % des voix), se trouve « en résidence surveillée, entouré de sa famille et de ses médecins », selon un communiqué lu à la télévision d’État par les putschistes.

Ces militaires du Comité de transition et de restauration des institutions (CTRI) affirment par ailleurs avoir arrêté l’un des fils d’Ali Bongo, notamment pour « haute trahison ». Ali Bongo, 54 ans, avait été élu en 2009 après la mort de son père Omar Bongo Ondimba, qui avait dirigé le Gabon pendant plus de 41 ans.

Pas de nouvelles du président et du Premier ministre

Joint par TV5MONDE, le président de l'Assemblée nationale abonaise Faustin Boukoubi s'est exprimé sur la situation "indécise" en cours à Libreville. "J'ai essayé de contacter le président Ali Bongo et le Premier ministre Alain Claude Bilie-By-Nze, pour l'instant je n'ai pas de nouvelles. Libreville est très calme, Internet a été rétabli. La situation reste indécise. Pour l'instant je ne peux pas m'exprimer davantage, je n'ai pas d'élément ou d'information supplémentaire sur la situation."

Ali Bongo, un ami de la France

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Omar Bongo était l’un des plus proches alliés de la France dans l’ère post-coloniale et Ali est un habitué à Paris, où sa famille possède un vaste portefeuille immobilier qui fait l’objet d’une enquête de la part des magistrats anti-corruption. Emmanuel Macron s’était, lui, rendu au Gabon en mars dernier à l’occasion du Sommet sur les forêts, une visite perçue par certaines personnalités de l’opposition comme un soutien à Bongo avant la présidentielle.

Lors d’un discours à Libreville, le président français avait toutefois nié toute ambition d’intervention en Afrique, affirmant que l’ère de l’ingérence était « révolue ».

400 soldats français au Gabon

Lundi, devant les ambassadeurs réunis à Paris, Emmanuel Macron a évoqué l'« épidémie » de coups d’État dans la région francophone d’Afrique, défendant sa politique de fermeté à l’égard des militaires au Niger. La cheffe de la diplomatie française, Catherine Colonna, avait, elle, estimé début août qu’il s’agissait du « coup d’État de trop ».

Face au sentiment anti-français grandissant au Sahel en particulier, avec le départ des militaires du Mali et du Burkina, la France avait lancé une réorganisation de sa présence sur le continent, l’objectif étant de réduire sensiblement le nombre de ses forces militaires prépositionnées. Au Gabon, environ 400 soldats sont encore déployés en permanence, dont certains dans la capitale Libreville, selon le ministère des Armées.

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