Notation des économies africaines : le ras le bol de Macky Sall

"Manque d’objectivité, de fiabilité et de neutralité" tels sont les trois reproches faits par le chef de l’Etat aux agences de notation.

Macky Sall (3)

Les agences de notation, qui évaluent la solvabilité des entreprises et des Etats, sont critiquées pour avoir mal évalué les risques de certains titres au cœur de la crise financière. Faut-il les contrôler ? C'est en tous cas ce qu'a demandé le président Macky Sall qui présidait, ce samedi, la conférence économique de Dakar.

Abordant la question des économies africaines, le président sénégalais conteste les classements faits par les agences de notation. Selon lui, ces derniers n’ont pas eu l’agrément de certaines autorités africaines. Ainsi a-t-il plaidé pour les pays africains de mettre en place une entité qui saura les évaluer en toute neutralité. Ce, « pour faire face à ces notations parfois « très arbitraires, injustices ».

Lecture biaisée…

Il a rappelé qu’en 2020, alors que toutes les économies subissaient les effets de la pandémie, 18 des 32 pays africains ont vu leurs notations dégradées. Alors ce qui représente 56% de notations dégradées pour les pays africains contre une moyenne mondiale de 31% dans la même période.

Le chef de l’Etat a relevé que des études ont montré qu’au moins 20% des critères de notation des pays africains relèvent de facteurs plutôt subjectifs, d’ordre culturel ou linguistique, donc de facteurs sans lien avec les paramètres qui jaugent de la stabilité d’une économie.

Devant plusieurs sommités, le chef de l’Etat indique que les économies africaines souffrent face aux règles et normes de la gouvernance économique qui, dit-il, « nous pénalisent. »

Il ajoute: « Je pense notamment aux règles qui pénalisent l’accès des pays africains aux sources de financement du développement. Nos économies sont à la fois, sous-financées et mal-financées. C’est quand même énorme. On est sous financé et le financement est très cher et mal ficelé. D’une part, les règles et procédures rigides entravent l’accès des pays africains à des prêts consistants, qui sont de longue durée et à des conditions soutenables. D’autre part, nous continuons de payer des taux d’intérêt très élevés, à cause d’un système inéquitable d’évaluation du risque d’investissement en Afrique ».

Avant de poursuivre : « la conséquence directe de ces notations est que la perception du risque d’investissement en Afrique reste toujours plus élevée que le risque réel. Nous nous retrouvons alors à payer plus qu’il ne faut, la prime d’assurance, ce qui renchérit le crédit accordé à notre pays et naturellement pénalise la compétitivité de nos économies. Donc il y a une logique qui est derrière cette réalité économique en Afrique ».

C’est la raison pour laquelle il a exprimé le souhait, avec le soutien de la Commission de l’Union africaine, que les États africains engagent un échange avec leurs partenaires de l’Ocde, pour trouver une solution concertée à l’accès de nos pays aux crédits.

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