Le gouvernement appelé à promouvoir la production et la consommation locales
Dans sa communication, le président de la République a insisté sur la nécessité de renforcer la valorisation de la production agricole nationale. Selon lui, les performances enregistrées dans le secteur agricole doivent désormais s’accompagner d’une transformation plus structurée des circuits de commercialisation, de stockage et de distribution. Il a ainsi demandé au gouvernement de mieux encadrer la commercialisation des produits agricoles et horticoles et d’accélérer la mise en œuvre du programme national d’infrastructures de stockage et de conservation. L’objectif est d’éviter les pertes post-récoltes et d’assurer une meilleure régulation de l’offre sur les marchés. Le chef de l’État a également instruit les ministres chargés de l’Industrie, du Commerce et de l’Agriculture de travailler à la conclusion de conventions de commercialisation afin de garantir l’écoulement des productions à des prix jugés rémunérateurs pour les producteurs. Dans la même dynamique, il a appelé à intensifier les campagnes de promotion de la consommation des produits locaux, notamment à travers la création d’un label de qualité « Sénégal », tout en renforçant les capacités de l’Institut de Technologie Alimentaire dans la valorisation des céréales et des productions horticoles.
L’économie sociale et solidaire au centre de l’année 2026
Le président de la République a par ailleurs rappelé que l’année 2026 est consacrée à la promotion de l’économie sociale et solidaire. Il a insisté sur l’importance d’appliquer pleinement la loi d’orientation relative à ce secteur afin de soutenir les initiatives locales et les dynamiques de développement participatif dans les territoires. Dans ce cadre, le gouvernement est appelé à accélérer la mise en place des instruments prévus par cette loi, notamment la création d’un Fichier national de l’économie sociale et solidaire et le renforcement des dispositifs d’accompagnement des initiatives communautaires. Le chef de l’État a également plaidé pour une mobilisation collective des acteurs publics, du secteur privé, des structures de microfinance, mais aussi des femmes et des jeunes, afin de construire une véritable doctrine nationale de développement de l’économie solidaire. Par ailleurs, il a insisté sur la nécessité d’améliorer l’efficacité des programmes de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, notamment à travers l’exploitation du Registre national unique (RNU) et la restructuration des dispositifs de protection sociale.
Accélération des infrastructures routières
Parmi les autres priorités évoquées figure l’accélération de la réalisation des infrastructures routières. Le président a rappelé que la construction, la réhabilitation et l’entretien des routes, autoroutes et pistes de production constituent une demande forte des populations et des acteurs économiques. Il a ainsi demandé au gouvernement d’intensifier la mise en œuvre des projets déjà validés et de préparer un nouveau schéma routier national, adapté à l’évolution de l’urbanisation et au développement des pôles économiques.
Diplomatie : le Sénégal prépare deux rendez-vous internationaux
Sur le plan diplomatique, le chef de l’État a réaffirmé l’attachement du Sénégal aux principes de paix, de multilatéralisme et d’intégration africaine. Il a annoncé la tenue prochaine d’une Conférence des ambassadeurs, consuls généraux et consuls du Sénégal, prévue les 18 et 19 avril 2026. Dans la foulée, le pays accueillera également les 20 et 21 avril la 10ᵉ édition du Forum de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, un rendez-vous international qui réunit régulièrement des responsables politiques, militaires et experts du continent.
Le capital humain au centre des préoccupations gouvernementales
Dans sa communication, le Premier ministre a insisté sur l’importance du capital humain dans la stabilité sociale et le développement économique. Il a notamment dressé un diagnostic des secteurs de l’éducation et de la santé, confrontés à plusieurs défis structurels. Dans l’éducation, les difficultés portent notamment sur le déficit d’enseignants, le manque d’infrastructures, l’inadéquation de certains programmes de formation et les perturbations récurrentes du calendrier universitaire. Pour y faire face, le gouvernement poursuit un plan quinquennal de recrutement d’enseignants destiné à renforcer l’encadrement pédagogique. Dans le domaine de la santé, les défis concernent notamment l’insuffisance des infrastructures, la faiblesse du plateau technique, le manque de ressources humaines et la dépendance aux importations de médicaments. Des réformes sont en cours, notamment la révision du Code de la santé publique et la réforme du cadre juridique relatif à la santé mentale. Le Premier ministre a rappelé que ces efforts s’inscrivent dans la mise en œuvre du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable, signé en 2025 entre le gouvernement, les syndicats et le patronat.
Des projets structurants à accélérer
Le chef du gouvernement a également attiré l’attention sur l’état d’avancement de plusieurs projets considérés comme prioritaires. Parmi eux figurent le Programme national de développement des agropoles, le projet d’aménagement de la Corniche Ouest de Dakar et le programme d’électrification rurale. Ces initiatives doivent contribuer à la souveraineté alimentaire, au développement industriel des territoires et à la réduction des inégalités d’accès aux services de base.
Adoption d’un texte réglementaire
Au titre des textes législatifs et réglementaires, le Conseil des ministres a examiné et adopté un projet de décret fixant les modalités d’application de la loi portant Code des investissements, adoptée en septembre 2025.
Ce dispositif vise notamment à améliorer l’attractivité économique du pays et à encourager les investissements dans les secteurs stratégiques.
Marie Rose Khady Fatou FAYE,
Secrétaire d'État auprès du Premier Ministre,
Chargée des Relations avec les Institutions,
Porte-parole du Gouvernement