Inquiétudes démocratiques [Opinion du Contributeur]

Le Sénégal est un pays particulier.

Sénégal : un homme tenant une ancienne carte d'électeur devant un bureau de vote

À quelques mois d’élections législatives si importantes, le débat est toujours aux querelles. De petites querelles. Comme c'est souvent le cas à chaque fois qu'on s’achemine vers un scrutin. Ici, on aime se faire peur. On suscite des débats passionnés. On bande les muscles. On convoque la violence. On installe le doute. Le dépôt des listes pour le parrainage auquel on assiste présentement, est un condensé de turpitudes, de curiosités, de comédie qui peut mener à la tragédie. Le jeu est malsain. Les acteurs sont piètres pour la plupart.

Les véritables enjeux sont relégués au second plan. L’essentiel est ailleurs. Place à une guerre des égos. Des accusations et des contre-accusations puériles se disputent un espace public et médiatique mal occupé. Chacun camp croit détenir la vérité. Les manœuvres et les manipulations dictent leurs lois. Pauvre démocratie sénégalaise souvent chantée, montrée en exemple mais qui apparaît à bien des égards de manière hideuse. Elle sait si bien danser mais ne bouge pas. Difficile pour elle de progresser à cause des enfantillages, un nivellement par le bas qui dénature son essence même.

Si les hommes politiques si enthousiastes à briguer les voix des Sénégalais, montraient autant d’engagement pour faire face aux difficultés quotidiennes, les choses pourraient bouger dans le bon sens. Même si le pouvoir chargé de « s’occuper du pays au quotidien », a failli, a affiché une certaine incompétence et un manque de volonté, l’opposition n’est hélas pas souvent à la hauteur des enjeux. À des exceptions près. Des rapports accablants de l’Office national de lutte contre la corruption (Ofnac) alimentent la chronique ces derniers jours. Les partis politiques semblent ignorer son existence.

Aucune communication particulière n’a été faite sur ces drames, des crimes économiques qui devraient être sanctionnés par des jugements si on respecte les recommandations de ce corps de contrôle. Parmi ces dossiers, celui des fameux 94 milliards de Mamour Diallo ancien directeur des Domaines, soutien actif du président de la République. L’opposant Ousmane Sonko qui a soulevé ce « lièvre », sort du lot. Il a bien joué son rôle. Mission accomplie !

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