Sonko, son de guerre… [Contribution]

En déclarant catégoriquement, en plein meeting qu'il ne va signer une "charte de non-violence" proposée par une Société pas si vile, Ousmane Sonko suit sa logique réaffirmée lors des événements de février-mars 2021.

Ousmane Sonko

Si ce n'était pas la posture radicale qu'il avait adoptée, il serait sans doute aujourd'hui en prison. Le leader de Pastef se savait condamné à se battre ou mourir. Il a compris que dans une démocratie boiteuse, il serait hasardeux de se fier à des piliers qui ne tiennent pas debout. Après Karim Wade condamné par une justice des vainqueurs qui a choisi ses cibles, apeuré et poussé beaucoup de supposés bandits à col blanc à s'allier avec les nouveaux gouvernants, nous étions nombreux à penser que la vertu dans la gestion, la patrie avant le parti, slogans proclamés au début de la seconde alternance, n'étaient que de la poudre aux yeux. Khalifa Sall a appris à ses dépens que cette justice-là, n'est pas juste. L'ex-maire de Dakar est tombé à cause d'un rapport de l'Inspection générale d'Etat (Ige) qui a opportunément réalisé que le diable se trouve dans les détails d'une "caisse d'avance" qui a été, en quelque sorte une "anormalité normalisée" par ses prédécesseurs. Il a beau clamer et pleurer son innocence. Il ne pouvait pas échapper à la case-prison, au moment où des pontes du régime épinglés par presque tous les corps de contrôle, sont libres comme le vent. Certains d'entre eux, ont même bénéficié de promotion. Prime aux délinquants !

Ousmane Sonko est un opposant qui n'a rien géré. Les accusations de viols étaient dès lors, la voie royale pour le mettre hors d'état de nuire. Il a bien appris des expériences malheureuses de ses devanciers, de leur naïveté, de leur "républicanisme". Il a très tôt compris que son salut réside dans la confrontation, la guerre qui bannit toute frilosité, qui demande un mental de fer, de la verve, du verbe haut, de la détermination. A la guerre, comme à la guerre. Sans demi-mesure, il adopte un champ lexical de la violence pour montrer une radicalité, pour montrer qu'il est prêt à tout. Un discours guerrier qui réjouit manifestement ses partisans, désarçonne ses adversaires et gêne les médiateurs. Ces derniers sont obligés de creuser, de se pencher avec beaucoup plus de rigueur sur les véritables raisons de la tension ambiante au lieu de se limiter à la surface.

REJOIGNEZ LA COMMUNAUTÉ PULSE!

Autoriser les notifications dans les paramètres du navigateur

Témoin d'un événement? Contactez-nous directement sur nos réseaux sociaux ou via:

Email: temoin@pulse.sn

ARTICLES SUGGÉRÉS

Assomption : pourquoi le lundi 16 août n'est pas un jour férié

Assomption : pourquoi le lundi 16 août n'est pas un jour férié

Quiz : quelles célébrités se cachent derrière ces photos ?

Quiz : quelles célébrités se cachent derrière ces photos ?

Hausse des prix: la taxe sur le sucre temporairement suspendue [document]

Hausse des prix: la taxe sur le sucre temporairement suspendue [document]

Voyages et loisirs

Sacré-Cœur : Voici comment le docteur Falla Paye a tué ses enfants

Sacré-Cœur : Voici comment le docteur Falla Paye a tué ses enfants

Keur Mbaye Fall: Un humanitaire français violait des mineurs défavorisés

Keur Mbaye Fall: Un humanitaire français violait des mineurs défavorisés

Magistrature : Un grand chamboulement en vue

Magistrature : Un grand chamboulement en vue

Bocar Samba Dièye sort vainqueur de son bras de fer contre la CBAO

Bocar Samba Dièye sort vainqueur de son bras de fer contre la CBAO

Dérives audiovisuelles : Jamra porte plainte contre Cirque noir

Dérives audiovisuelles : Jamra porte plainte contre "Cirque noir"