Cité Keur Gorgui : Une étudiante découpe le doigt de la coépouse de sa sœur

Loin des salles de cours, Amina S. K., étudiante en 3e année de Droit à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, croupit en prison depuis le 15 juin dernier. Prévenue de coups et blessures volontaires ayant entraîné 45 jours d’incapacité temporaire de travail, la mise en cause a lacéré le bras et la main de la coépouse de sa sœur avec une lame. Pour cette agression barbare, elle encourt une peine ferme d’un an.

Tribunal de Dakar

La relation entre coépouse est souvent tendue. Dans cette histoire, Amina S. K. a intercepté le conflit qui existait entre sa sœur, Awa K. et sa rivale, Amy F.. Un comportement va-t-en-guerre qui risque de lui coûter une année d’études. Étudiante en licence de Droit, Amina S. K. habite chez sa sœur à la Cité Keur Gorgui. Mais, cette dernière et la première femme de son mari, Amy F., vivent dans le même immeuble. Le 23 février 2023, Amina S. K. et Amy F. se sont crêpé le chignon à l’heure du repas.

La première nommée aurait bousculé sa protagoniste, avant de s’asseoir à côté d’elle. Après une première rixe, Amina s’est engouffrée dans l’appartement de sa sœur pour s’emparer d’une lame. C’est ainsi qu’elle a débarqué dans l’appartement de son antagoniste pour en découdre avec elle. Au cours de cet deuxième accrochage, Amina S. K. a lacéré le bras et la main de son vis-à-vis. Une agression qui s’est déroulée en l’absence de la frangine de la mise en cause et du chef de famille. Une fois à l’hôpital Principal de Dakar, Amy F. a reçu un certificat médical attestant d’une incapacité temporaire de travail de 45 jours.

Un document qu’elle a joint à sa plainte qu’elle a déposé le 1er mars. Face aux limiers du commissariat de Dieupeul, Amina S. K. a soutenu que sa victime lui a lancé un banc au moment où sa femme de ménage s’apprêtait à ouvrir le bol. Et au cours de leur bagarre, elle l’a déshabillée. C’est pourquoi, dit-elle, elle s’est saisie d’une lame pour se défendre. Consciente de la gravité de son acte, Amina S. K. tombait en syncope à chaque fois que les policiers tentaient de la déférer au parquet. Ce n’est que le 15 juin passé qu’elle a été présentée au procureur qui l’a placée sous mandat de dépôt.

Devant le juge du tribunal des flagrants délits de Dakar ce lundi 19 juin, la prévenue, 25 ans, a narré : « La partie civile habite au troisième étage, ma sœur au 4e étage. Mais, on prend le repas au 5e étage. Lors de notre première bagarre, la partie civile m’a déshabillée devant ses enfants et sa domestique, avant que celle-ci ne nous sépare. Après avoir porté d’autres vêtements, j’ai pris une lame et j’ai rejoint ma protagoniste pour récupérer mes habits. J’avais peur qu’elle mette à exécution ses menaces, parce qu’elle avait dit qu’elle allait solliciter les services d’un charlatan pour me rendre folle. C’est dans ces circonstances qu’elle m’a agressée à nouveau en me donnant de violents coups de poing. Pour ma défense, j’ai sorti la lame de ma poche et je lui ai lacéré le bras droit ».

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« J’ai perdu l’usage de mes deux doigts… »

Née en 1986, la partie civile a confié avoir perdu l’usage de ses deux doigts. Depuis, on l’aide à prendre le bain et à porter des habits. Dans sa plaidoirie, Me Mame Coumba Kane a demandé au tribunal d’infliger une peine exemplaire à la prévenue qui, d’après elle, avait une volonté de nuire. Me Ibrahima Mbengue a allégué que la comparante avait visé le visage de la partie civile. Mais, cette dernière a fait le geste salvateur en esquivant le coup avec son bras.

« Elle s’est retrouvée handicapée à cause de la sœur de sa coépouse. Je demande la désignation d’un médecin expert pour évaluer l’incapacité temporaire de travail de ma cliente, le préjudice esthétique et le pronostic fonctionnel des deux doigts », a souhaité le conseil de la partie civile. Pour la représentante du Ministère public, l’acte du prévenu est volontaire.

Rien ne justifie l’usage de la lame. Sur ce, la parquetière a sollicité la requalification des faits en coups et blessures volontaires ayant entraîné la perte de l’usage d’un membre. Pour la peine, elle a requis deux ans, dont un ferme. Me Moussa Diouf et ses deux confrères de la défense ont demandé au tribunal d’accorder une deuxième chance à la prévenue qui, selon eux, a fait une erreur de parcours. « Permettez à cette fille d’aller reprendre ses études. Sa famille est prête à tout payer pour que la partie civile retrouve sa santé physique », a assuré Me Cheikh Ndiaye qui a demandé au juge de retenir la qualification initiale. L’affaire sera vidée le 26 juin prochain.

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