Homosexuel brûlé : le cerveau est membre d’une grande famille religieuse

Suite et pas fin de l’affaire du cadavre d’un homme déterré puis brûlé parce que soupçonné d’être gay.

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L’enquête ouverte après l’exhumation d’un cadavre au cimetière de Léona Niassène à Kaolack avance à grands pas. Au total, 13 personnes, dont les sept meneurs ont été arrêtés. L’auteur du coup de fil qui a mis le feu aux poudres, a été identifié. Le cerveau, membre d’une grande famille religieuse, qui est en fuite, a été localisé en Gambie.

Interpol à ses trousses, rapporte L’OBS qui donne la nouvelle. Un autre manifestant qui a insulté le président de la République de mère dans une vidéo, a été aussi interpellé. Ce dernier a déclaré qu’après le présumé homosexuel Ch. Fall, c’est au tour du chef de l’Etat de subir le même sort.

Bien que très rare, l’exhumation d’un corps d’une personne présentée comme homosexuelle n’est pas une première au Sénégal. En 2008 et 2009, au moins deux cas avaient été documentés dans le centre et l’ouest du pays. Le romancier sénégalais Mohamed Mbougar Sarr, Prix Goncourt 2021, évoque aussi une scène similaire dans son roman De purs hommes. Dans ce pays musulman à plus de 90 % et très pratiquant, l’homosexualité est largement considérée comme une « déviance ». La loi y réprime d’un emprisonnement d’un à cinq ans les actes dits « contre nature avec un individu de son sexe ».

L’acceptation de l’homosexualité est très faible, perçue comme allant à l’encontre de la culture nationale. Elle est décriée comme un instrument de l’Occident pour imposer ses valeurs. Elle suscite régulièrement des manifestations pour un durcissement de la loi.

Plusieurs chefs religieux ont néanmoins dénoncé les faits survenus à Kaolack. Serigne Cheikh Tidiane Khalifa Niasse, plus haut responsable d’une branche locale de l’influente confrérie musulmane des Tidianes, a exprimé sa « profonde indignation et (sa) condamnation catégorique de l’acte répréhensible qui a été commis à l’encontre d’un individu dont nous n’avons aucune responsabilité sur sa vie privée ». « Cet acte ne peut en aucun cas être justifié ou toléré », a-t-il dit dans un communiqué.

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