Greffe rénale : 'il faudra débourser à peu près 10 millions FCFA'

Colonel Youhanidou Wane

Les premières transplantations rénales ont été réalisées dimanche 26 novembre 2023 au Sénégal à l’hôpital militaire de Ouakam. Il s’agit de l’aboutissement d’un long processus enclenché en 2015 sur lequel le Colonel Youhanidou Wane, directrice de la structure est revenue en détail.

L'hôpital militaire de Ouakam a réalisé, dimanche 26 novembre 2023, sur un patient, la première transplantation rénale de l’histoire du Sénégal. C’est le Pr Alain Khassim Ndoye qui l’a fait savoir sur sa page Facebook. Il fait partie de l’équipe ayant effectué cette prouesse. Une première dans l’histoire du Sénégal : la réalisation de la première transplantation rénale sur son sol. Un accomplissement médical majeur qui a eu lieu à l’hôpital militaire de Ouakam. Jusqu’à présent, cette opération nécessitait un déplacement à l’étranger.

« La transplantation rénale, c’est la vision du président de la République qui a tenu à mettre beaucoup d’ordre dans ce projet. Il a d’abord mis en place en 2015 le Conseil national pour le don et transplantation dirigé par le Professeur Fary Kâ (Chef du service Néphrologie de l’hôpital militaire de Ouakam). Il a fallu qu’il mette une base légale, un contenu. Un référentiel auquel les hôpitaux devaient se soumettre pour pouvoir trans- planter a été écrit. En 2020, on a demandé aux hôpitaux de soumettre leur candidature. Nous avons soumis, de même qu’un autre hôpital. Cela a pris du temps parce qu’il fallait se mettre aux normes. Le référentiel était rigoureux. Il fallait cocher toutes les cases et finalement nous avons été évalués par des experts. L’évaluation était très rigoureuse. Elle était faite sur la documentation, l’administration, les équipements, les compétences des médecins que nous avions. C’est à l’issue de cette évaluation que nous avons reçu l’agrément qui doit durer deux ans et qui nous donne l’autorisation de transplanter », a expliqué Colonel Wane.

« Dès 2015, nous avions mis en place un service d’urologie construit aux normes pour pouvoir accueillir la transplantation, donc l’intervention chirurgicale. Ensuite, nous avons acheté les équipements qu’il fallait petit à petit pour pouvoir être aux normes. Tout ceci a été fait avec les fonds de l’hôpital. L’hôpital a acheté la plateforme HLA. Cette plateforme permet de voir la compatibilité entre le donneur et le receveur. Elle n’existe pas dans la sous-région. Concernant les ressources humaines, le Docteur Babacar Diao a été formé à l’hôpital Henri Mondor dans le cadre de la transplantation. Pour augmenter nos compétences, deux médecins urologues ont été formés en 2021 en Turquie durant 6 mois à l’hôpital Florence Nightingale où ils se sont familiarisés avec les techniques de transplantation », a-t-elle ajouté.

Interpellée sur le coût de la transplantation, elle a trouvé difficile de faire une évaluation. « On ne peut pas faire une évaluation exhaustive parce qu’il faut prendre en compte les coûts directs et indirects, mais sachez que cela va se chiffrer à près de 10 millions. Pour transplanter un malade, il faudra donc débourser à peu près 10 millions. Il faut prendre en compte les tests, les médicaments à acheter etc. Mais en 2020, comme on le dit, l’union fait la force, nous nous sommes alliés à l’hôpital Aristide Le Dantec. C’est pourquoi on parle de consortium Hôpital militaire de Ouakam (Hmo)/Le Dantec.

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