Journalistes arrêtés sans carte de presse : 'ils sont fautifs', selon le CORED

Le Conseil pour l’observation des règles d’éthiques et de déontologie dans les médias (CORED) accule les journalistes encore non détenteurs de la carte nationale de presse.

Mamadou Thior, CORED

Le directeur de publication du quotidien "Yoor Yoor", Serigne Saliou Guèye, a été déféré au parquet, après son interrogatoire à la Sûreté urbaine. Il fait face à des accusations d'outrage à magistrat, d'usurpation de fonction de journaliste et de complicité de ces faits.

Notamment, il est poursuivi pour ne pas avoir possédé la carte nationale de presse, devenue obligatoire depuis le 1er décembre 2022. Il est le deuxième journaliste arrêté pour cette raison, après Ndèye Maty Niang.

Lors d'un atelier de formation des professionnels des médias sur l'utilisation adéquate de la photo et de la vidéo, organisé ce mercredi 24 mai, Mamadou Thior, président du Comité d'observation des règles d'éthique et de déontologie dans les médias (CORED) a réagi à cette actualité brûlante.

Pour lui, "il y a une part de responsabilité de leur part". Puis, il s'est justifié en expliquant : "Depuis deux ans, nous sommes dans la phase de délivrance de la carte nationale de presse. Les personnes avaient amplement le temps de venir au CORED pour obtenir le quitus, puis de se présenter devant la commission afin d'obtenir leur carte. Cependant, certains journalistes se considèrent comme étant au-dessus de cette exigence et ne jugent pas nécessaire de posséder cette carte."

" Résultat : depuis le 1er décembre, la carte est obligatoire. Ainsi, si vous êtes pris sur le terrain, qu'on vous demande votre carte et que vous ne pouvez pas la présenter, vous vous exposez à des sanctions prévues par le Code de la presse. Je demande simplement à ces personnes de venir devant la commission afin de récupérer leur carte. Si elles ne le font pas, nous ne pouvons pas les défendre. Bien sûr, nous pouvons reconnaître leur qualité de journaliste, mais celle-ci est conférée uniquement par la carte de presse. Je peux connaître la personne, mais si elle ne peut pas présenter sa carte, je ne peux pas la défendre."

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Interrogé sur la véracité du motif d'arrestation de ces journalistes, Mamadou Thior répond : "Il est normal que cela se produise, car il s'agit d'une infraction prévue par le Code de la presse. Il s'agit d'une usurpation de fonction. Ce principe s'applique à toutes les professions : vous ne pouvez pas prétendre être avocat si vous n'êtes pas inscrit au tableau de l'ordre. Nous nous sommes fixés des règles et il est essentiel de les respecter. La solidarité est importante, certes, mais elle a ses limites. Les individus doivent se conformer à la loi."

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