Pour 'préparer la Tabaski', 4 agents de Ecotel dérobent un câble de la Sonatel

Quatre agents d'Ecotel (sous-traitant de la Sonatel) ont été jugés devant le tribunal de grande instance de Dakar pour répondre des faits de soustraction de deniers publics au préjudice de la Sonatel.

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Les faits remontent à moins d’une semaine de la fête de la Tabaski lorsqu’ils ont été interpellés alors qu’ils procédaient au vol d’un câble de la Sonatel sur la route menant aux Almadies. P. C. Ndiaye, El H. M. Dieng, S. S. Badji et P. M. Badji qui avaient enfilé leurs uniformes de travail et utilisaient des moyens de la société dans laquelle ils s’activent, n’ont pas réussi à tromper la vigilance des enquêteurs.

Devant la barre, rapporte Dakaractu, P. C. Ndiaye confirme et soutient être le cerveau de la bande. « Nous portions des tenues quand on prenait le câble. Nous l’avons coupé après y avoir tiré 6 mètres pour le vendre. Nous ignorons le prix », a-t-il expliqué face au juge, ce qu’ont admis ses acolytes sauf le dernier P. M. Badji qui jouit du statut d’apprenti chauffeur.

« Je n’étais pas au courant quand ils décidaient de cela. Je suis apprenti chauffeur, ils m’amènent toujours avec eux quand il y’a du boulot. C’est le chauffeur S. S. Badji mon patron », a confié P. M. Badji soutenu dans ses allégations par le chef de file.

« P. M. Badji n’était pas avisé de l’initiative », a ajouté P. C. Ndiaye prétextant avoir soustrait le câble avec ses collègues après avoir constaté qu’il ne fonctionnait plus.

« Je suis chef d’équipe. J’ai repéré le câble, samedi, en venant des Almadies. Il était sous les caniveaux. On l’a tiré à l’aide d’un camion après que j’en ai parlé aux autres. On est passé à l’acte le dimanche. C’est sur les lieux qu’on nous a arrêtés », a précisé le cerveau de la bande, P. C. Ndiaye.

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Pour le patron de l’entreprise Ecotel, le sieur Ba, qui a pris part au jugement, le câble que ses agents ont voulu subtiliser ne fonctionnait pas. Il a expliqué que Ecotel intervient dans le cadre de travaux de suivi et de déploiement. Pour lui, les agents impliqués n’avaient pas reçu d’avis de travaux, ce jour, conformément aux textes et règlements de l’entreprise Ecotel.

« Le chauffeur S. S. Badji qui a un contrat à durée indéterminée a profité de sa mission du lundi parce qu’il a reçu un bon le dimanche pour aller prendre ce câble. Il a usé du bon pour pouvoir utiliser le camion », a souligné le représentant de l’entreprise de sous traitance en partenariat avec la Sonatel.

Interpellé sur leur intention à subtiliser le câble, les mis en cause ont fait part de leurs besoins de pouvoir s’acquitter des dépenses liées à la fête de la Tabaski.

« P. C. Ndiaye nous a proposé de récupérer le câble afin de le vendre pour pouvoir préparer la fête de Tabaski », a souligné devant la barre, le chauffeur S. S. Badji ce qu’à confirmé le chef de la bande. « C’est moi qui ai renseigné les autres pour qu’ils viennent m’appuyer à récupérer le câble. C’était avant la Tabaski », a déclaré P. C. Ndiaye.

Dans sa plaidoirie, la partie civile parle de planification de vol en s’appuyant sur les moyens d’une entreprise pour permettre aux prévenus de pouvoir commettre leurs forfaits. À en croire leur conseil, ils ont soustrait de façon frauduleuse des câbles qui appartiennent à la Sonatel.

« Le mobile c’est qu’ils devaient subvenir aux dépenses de la Tabaski. Il semble qu’ils minimisent leur acte en prétextant que le câble ne marchait pas », a précisé l’avocat qui relève des faits constants et graves. La robe noire a également insisté sur l’utilisation des moyens de l’entreprise au sein de laquelle les prévenus s’activent pour matérialiser le vol.

« Ils ont enfilé des uniformes et ont utilisé un camion de l’entreprise Ecotel », a-t-il soutenu. Pour l’avocat, la Sonatel a subi 22 vols entre 2022 et 2023. Il a invité le tribunal à déclarer coupables les mis en cause tout en réclamant la somme de 14 millions FCFA en guise de dommages et intérêts en appelant le tribunal à engager sous ce prétexte la responsabilité de l’entreprise Ecotel.

L’avocat de Ecotel, partie civile également dans cette affaire, a renseigné que la société Ecotel a aussi subi un préjudice lié aux mêmes faits, notamment, le partenariat que Ecotel a avec la Sonatel et dont l’acte qui vient d’être posé par certains de ses agents va participer à saper les relations. L’avocat a aussi souligné l’utilisation du camion de l’entreprise pour soustraire le câble. Il croit que la responsabilité de Ecotel ne peut en aucun cas être retenue dans cette affaire et que si elle devait l’être ne pouvait dépasser les 4 millions FCFA.

Dans son réquisitoire, le parquet a relevé la culpabilité des prévenus sauf l’apprenti chauffeur, P. M. Badji. Il a requis 2 ans d’emprisonnement dont 6 mois ferme contre P. C. Ndiaye, El H. M. Dieng et S. S. Badji.

La défense quant à elle, a réfuté la soustraction de deniers publics et parle de tentative de vol de biens à la place.

« Ils ont été arrêtés sur place. Le câble n’a pas été mis sur le camion et n’a pas été vendu. La Sonatel n’a pas subi un préjudice matériel, peut-être un préjudice moral. C’est la raison pour laquelle je vous demande de requalifier les faits », a déclaré l’avocat qui a invité le tribunal à relaxer l’apprenti chauffeur, P. M. Badji et de faire bénéficier au reste du groupe une application bienveillante de la loi pénale.

Rendant son verdict, le tribunal a requalifié les faits en vol commis en réunion et reconnu les prévenus coupables sauf l’apprenti chauffeur P. M. Badji qui a bénéficié d’une relaxe. Il a condamné le reste du groupe à 2 ans d’emprisonnement assorti de sursis. Le tribunal a également contraint les prévenus au paiement de 500 000 FCFA au titre de dommages et intérêts et 500 000 FCFA contre l’entreprise Ecotel à verser à la Sonatel.

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