Prostitution à Dakar : des trottoirs aux appartements !

La prostitution évolue et a fini par bouder les trottoirs et les rues sous l'impact des réseaux sociaux. Dans les quartiers populeux ou résidentiels de Dakar, notamment à Nord Foire, les appartements sont devenus les nouveaux lieux de prostitution. Un moindre mal, sauf pour les voisins ou colocataires.

Prostitution à Dakar (image d'illustration)

À Nord Foire, les travailleuses du sexe (TDS) font moins le trottoir. Le commerce du sexe se concentre désormais dans les appartements. Dans ce quartier, les filles de joies mènent leurs activités dans des appartements et studios luxueux utilisés à la fois comme espace de travail et de vie.

« Les filles ne se déplacent plus. Des clients appellent, tantôt passent ou se désistent. C’est vraiment différent quand on est sur le trottoir où il est plus facile de gagner en une nuit 50 000 FCFA », confesse A. Diallo retrouvée dans son appart’ à Nord Foire. Elle a quitté sa Guinée natale pour se livrer à la prostitution.

Nafi Traoré, une autre professionnelle du sexe qui a quitté le Mali, d'en rajouter une couche : « Rester dans un appartement heurte moins notre morale collective. Il m’arrive de me taper cinq mecs en un jour et gagner près de 70.000 FCFA la journée. Il y a des hommes qui demandent deux à trois coups pour 10.000 par coup. »

Nabou (nom d'emprunt), une Sénégalaise bon teint, résidant à Yoff Apecsy, incarne une beauté hors norme, sublimée à travers son accoutrement provocateur. Debout sur son mètre quatre-vingt-cinq (1,85m) elle confie : « La prostitution en appartement rapporte beaucoup. Souvent, ils nous arrivent de tomber sur des clients très généreux. Certains même peuvent continuer à vous payer l’appartement. Je suis dans ce lot. Un copain que j’ai connu un soir me paie maintenant mon appartement. Et pourtant, il passe peu de temps avec moi. En plus de cela, j’arrive à gagner plus de 400 000 FCFA par mois ».

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« Nous sommes obligées de bien équiper nos appartements. Notre option nous y oblige. Puisque, nous ne recevons pas souvent n’importe qui dans nos appartements. Le luxe de nos appartements permet de gagner du respect de nos clients. Souvent, ces gens sont des responsables qui ont envie de se distraire. Ils viennent nous voir et, nous leur donnons ce qu’ils cherchent », raconte Nafi retrouvée dans son appartement privé luxueusement équipé.

Les clients sont triés sur le volet : « Souvent, mon téléphone n’arrête pas de sonner. Et, il m’arrive de décliner des demandes pour mieux me concentrer à la satisfaction de certains clients – au plus offrant - », regrette-t-elle.

  • Un bon CV pour avoir une bonne place 

Mamy est insolente et provocatrice : Originaire de Tamba, elle n’aime pas vraiment qu’on « se mêle de ce qui se passe dans son lit ». Exerçant dans son beau studio, avec ses « copines », Mamy se définit comme une « une fille libre », sans lien avec les réseaux mafieux, et plutôt épanouie. « Oui, épanouie, insiste-t-elle, je ne suis pas malheureuse […]. Je suis indépendante, je suis la meilleure pros…. du monde », lâche-t-elle, dans un éclat de rire. Elle porte un regard plutôt bienveillant sur son métier, même si elle reconnaît que les premiers temps furent assez durs. « On ne se fait pas une place comme ça, confesse-t-elle. La prostitution, c’est comme tous les autres boulots : faut avoir un bon CV pour avoir un bon endroit. »

  • Grabuge entre prostituées et locataires

La cohabitation entre prostituées et locataires ne va pas sans remous. À Nord Foire, des locataires qui partageait un immeuble avec les « filles de joie » se sont plaints auprès du bailleur. Les habitants déplorent les nuisances liées à l’activité de nuit des TDS et à la « fréquentation louche » de l’immeuble.

Sémou Diouf, un agent immobilier explique : « Ce que nous voyons désormais ce sont des appartements deux chambres, que se partagent 2 ou 3 filles pour recevoir des clients. Mais derrière elles, il y a forcément un réseau qui loue et gère cet appartement. Ce sont des appartements (ou parfois des maisons entières) loués dans un environnement résidentiel et calme. Ces organisations recherchent la discrétion et surtout à ne pas faire de nuisance. »

À la question à savoir si un propriétaire est responsable quand il se passe quelque chose d’illégal dans le logement qu’il loue, notre source précise que Non ! Le propriétaire n’a aucun souci à se faire. Il n’est responsable de rien sauf, bien sûr, si pénalement il est complice. Le propriétaire ne connaît pas l’activité de son locataire. Il loue au titre d’un bail d’habitation et le texte de loi qui en fixe les règles est très descriptif et interdit un certain nombre de choses. Il oblige le locataire à exécuter son contrat « en bon père de famille » comme le dit la formule, entretenir correctement le logement, ne pas créer de nuisances...

« Si vous louez un appartement à des fins de prostitution, le contrat est forcément nul car il est contraire aux bonnes mœurs. C’est la moralité des contrats », confie l'agent immobilier Lamine Yade.

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