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Sénégal 62 ans, toujours pas heureux… [Opinion du Contributeur]

Le Sénégal a eu 62 ans. L’âge de la sagesse. Le 4 avril 1960, quand il accédait à la souveraineté internationale, il avait affiché des ambitions grandioses.

Prise d'armes lors de la fête d'indépendance, le 4 Avril 2022

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Comme bien entonné dans l'hymne national, ses géniteurs appelaient tous à pincer les koras et à « frapper les balafons ». La détermination en bandoulière, le « Lion rouge a rugi, dissipant les ténèbres ». Le nouveau-né promu à un bel avenir, a été adulé un moment durant avant d’être à l’origine d'une guerre froide entre ses parrains. Léopold Sédar Senghor père de l’indépendance et Mamadou Dia son oncle ne se sont pas entendus sur la manière de rendre plus attrayant, plus solide leur protégé. Leur bataille à été cruellement éprouvante.

Le président de la République a eu raison du président du Conseil qui a été envoyé en prison à Kédougou, loin de Dakar et des siens. C’était en 1962. Seul maître à bord, Senghor a beaucoup peiné pour développer le pays et a même failli perdre le contrôle en 1968 durant la fameuse crise. Passée cette tourmente, il tient la barque alternant la carotte et le bâton jusqu’en 1981 avant de passer volontairement le pouvoir à Abdou Diouf. Même si le procédé n’était pas du tout démocratique, c’était le moindre mal dans une Afrique alors abonnée aux coups de force.

L’exception sénégalaise a ainsi vu le jour. Abdou Diouf n'a pas fait chavirer la pirogue même si ses 19 ans de règne ont été marqués par des attitudes liberticides, de timides améliorations des conditions de vie des populations et des avancées démocratiques qui ont abouti à l’alternance en mars 2000. Abdoulaye Wade son successeur, enthousiaste et ambitieux, a beaucoup fait pour faire bouger les choses. Le Sénégal lui doit ses grands chantiers à l’image de sa première autoroute à péage, son deuxième aéroport et l’amorce pour la création d’une nouvelle ville.

Le bémol est que toutes ces infrastructures ont été chèrement payées. Des comptes et des mécomptes. Les Sénégalais sont restés fatigués. Ils sont toujours dépendants. Macky Sall arrivé en 2012, après avoir occupé les plus hautes fonctions, n’a pas su opérer les ruptures promises. Certes, il a beaucoup investi dans la prise en charge des moins nantis, certes il a lui aussi construit des routes et des hôpitaux mais les choses ne bougent toujours pas. 10 ans au pouvoir n’ont pas permis à Sall de faire oublier la dépendance. Le Sénégal vieillit. Il n’est toujours pas heureux.

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